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QUESTION 383 -
Posée par Raymond CHAUSSIN, le 03/10/2013

Bonjour,

Ayant travaillé dans l'industrie chimique la principale mesure pour éviter tout risque d'incendie ou explosion est l'inertage. Lorsque une réaction produisait ou mettait en œuvre de l'hydrogène les mesures de sécurité étaient particulièrement renforcées: capteurs redondants, réacteur isolé dans une cellule, installation électrique anti déflagrante soignée, continuité électrique et mise à la terre pour éviter l'électricité statique, etc...

Mettre sous terre des déchets produisant de l'hydrogène sans pouvoir inerter l'atmosphère avec comme seule mesure pour éviter l'incendie la ventilation n'est pas sérieux. Comment être sûr qu'au fond d'une galerie il n'y aura pas accumulation d'hydrogène? Une ventilation efficace doit assurer une vitesse d'atmosphère dans les galeries qu'en est-il dans les silos forcément borgnes?

Des travaux de forage sont incompatibles avec une production d'hydrogène à proximité, gestion des travaux très compliquée sur 100 ans! Non?

Réponse du 06/12/2013,

Réponse apportée par l’Andra, maître d’ouvrage :

Certains déchets MA-VL, notamment ceux contenant des composés organiques, dégagent de l'hydrogène non radioactif produit par radiolyse : les ¾ des colis de déchets MA-VL destinés à Cigéo dégagent peu d’hydrogène (moins de 3 litres par an et par colis), voire pas du tout. Au-delà d’une certaine quantité et en présence d’oxygène, cet hydrogène peut présenter un risque d’explosion. Pour maîtriser ce risque pendant l’exploitation de Cigéo, l’Andra fixe une limite stricte aux quantités d’hydrogène émises par chaque colis. Des contrôles seront mis en place et aucun colis ne sera accepté s’il ne respecte pas cette limite. Pour éviter l’accumulation de ce gaz, les installations souterraines et de surface seront ventilées en permanence pendant leur exploitation, comme le sont les installations d’entreposage dans lesquelles se trouvent actuellement ces déchets. Les alvéoles de  stockage de colis MAVL ne sont pas borgnes et sont ainsi balayées par le flux de ventilation. Les modélisations d’aéraulique montrent que la ventilation prévue par la conception de Cigéo permet d’éviter toute zone de concentration d’hydrogène au sein des alvéoles de stockage.

Le système de ventilation du stockage fait par ailleurs l’objet de dispositions pour réduire le risque de panne (redondance des équipements, maintenance..) et des dispositifs de surveillance seront mis en place pour détecter toute anomalie sur son fonctionnement, notamment la présence d’hydrogène dans l’air à de très faibles concentrations. Des situations de perte de la ventilation sont étudiées malgré tout. Les études montrent que, dans le pire des cas, on disposera de plus d’une dizaine de jours pour rétablir la ventilation, ce qui permettra de mettre en place une ventilation de secours. Les conséquences d’une explosion sont tout de même évaluées afin d’envisager tous les scénarios possibles : les résultats montrent que les colis concernés ne seraient que faiblement endommagés, sans aucune perte de confinement des substances qu’ils contiennent.

A l’issue des études d’esquisse industrielle, l’Andra a retenu une architecture souterraine permettant de séparer la zone nucléaire de la zone en travaux, en rendant ces deux parties de l’installation complètement indépendantes dans toutes les situations de fonctionnement, normales ou accidentelles. Ainsi il n’y aura jamais de travaux de forage dans la zone où sont stockés les déchets.

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