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 / Réponses aux questions

Voici les questions posées par le public par mail, par courrier ou lors des réunions publiques. Nous affichons les questions et les réponses.

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Thème séléctionné : Risques industriels et sanitaires

Question n°55 de : VILPOIX Jean-  91400 ORSAY - le 24/09/2007
- Contraintes techniques de traitement EU simultanément publiques et industrielles.
- Eaux de lavages agricoles et nappes phréatiques
- Rémanances

Réponse  SIAAP 25/09/2007
Les effluents traités sur les stations du SIAAP sont principalement d'origine domestique (les habitants) via par exemple, le lave linge, la chasse d'eau, le robinet .... En effet, les effluents provenant des activités domestiques sur la zone de collecte SIAAP représentent environ 94% des volumes entrants dans les usines d'épuration par temps sec. Le traitement des eaux industrielles ne pose pas de problème majeur,les rejets industriels contenant dans la majorité des cas des pollutions qui peuvent être traitées sur stations d’épuration. Cependant, il faut noter que si la collecte des eaux usées domestiques est une obligation pour les collectivités, tout déversement d'eaux industrielles, dans les réseaux d’assainissement publics doit être préalablement autorisé par la collectivité à laquelle appartiennent les ouvrages d’assainissement et les stations d’épuration chargées de les traiter. Ces rejets sont soumis à une redevance dont le montant est proportionnel au flux de pollution rejeté.
Dans le cas où les rejets industriels contiennent des polluants toxiques pour l’homme ou l’environnement, des arrêtés d’autorisations de rejet sont délivrés par la collectivité et des arrêtés d’exploitations préfectoraux prescrivent des limites de rejet à ne pas dépasser.
La politique, en ce domaine, est de privilégier la réduction à la source de toutes ces substances dans tous les secteurs, industriels comme consommateurs. Ces polluants adhèrent souvents aux matières en suspension et sont donc bien retenus dans les stations d’épuration. L’envers de la médaille est qu’on les retrouve dans les boues. Il peut s’agir aussi de solvants qui posent alors un problème de sécurité vis-à-vis des personnels qui exploitent les réseaux et les stations d’épuration. C’est pourquoi le SIAAP attache une très haute importance aux contrôles des industriels et mène de campagnes de mesures pour déterminer la source de ces pollutions et en réduire les effets.

La question des nappes phréatiques, est principalement liée à la mise en oeuvre d'une agriculture intensive nécessitant des quantités d'eau importantes, des engrais azotés et des produits phytosanitaires. Cette problématique est quasiment généralisée sur l'ensemble du territoire national. Le Siaap en charge de la collecte, du transport et du traitement des eaux usées et pluviales n'intervient pas sur cette problématique.

Enfin, pour l'entretien et la gestion de ses espaces verts les produits phytosanitaires (ensemble des produits chimiques utilisés pour lutter contre les insectes parasites, les champignons parasites et les herbes indésirables), quels qu'ils soient, ne sont plus utilisés depuis le début de cette année.

Question n°60 de : HERVOCHON Dominique - le 24/09/2007
Je suis enseignante. Je prépare une séquence sur l’eau, le développement durable… j’ai plusieurs questions :

-Quels sont les produits qui arrivent maintenant en péniches à Achères, merci de rappeler les équivalence camions, CO2 et accidents évités,

-Quels sont les produits toxiques générés dans l’usine, une carte des sites ‘’sévéso’’ désigne l’usine d’Achères !

-Quelles sont les mesures prises pour les populations, les employers en cas d’accidents ?

-Y a-t-il des simulations ?

-Quels seraient les risques pour l’environnement animal, l’eau, les hommes ?

-Qu’y a-t-il dans les cuves visibles depuis la ligne SNCF ? les élèves sont très currieux…

-Les pbs d’odeurs viennent-t-elles des toxiques ? outre les désagréments… sont-elles toxiques ?


-Comment ces toxiques repartent-ils ? par le fleuve en péniches ?


-Que se passerait-il si pour une raison ou une autre l’usine ne fonctionnait plus ?


-Que se passerait-il en cas d’inondation comme en 1910 (à Prague les eaux sont montées à plus d’un mètre de la crue record !)


-Que se passerait-il en cas d’hiver comme dans les annèes 80 il a fait -20C° en région parisienne… où en 1788/89 86 jours de gel sur Paris ?

-Que se passerait-il en cas d’attaque terroriste !

-A quoi serve les lavandes ? ont-elles un rôle précis comme les plantes épuratrices et donc écologique ?

Réponse  SIAAP 26/09/2007
Le produit livré actuellement par voie fluviale est le nitrate de calcium en solution aqueuse. Ce produit est non toxique, non irritant, et est utilisé pour le traitement des eaux usées. Cette solution de transport alternatif permet d'éviter la circulation de 3 600 camions chaque année.

Il n'y a pas de produits toxiques générés par l'usine. Le classement Seveso 2 seuil bas est dû au volume de biogaz produit lors du traitement des boues. Ce gaz est composé de méthane (65%) et de CO2 (35%). Le risque est l'explosion.
L'étude de danger montre que le risque est limité aux limites de l'unité de traitement des eaux.
La prévention de ce risque se fait à plusieurs niveaux :détection du méthane dans tous les secteurs de production, de stockage et d'utlilisation du biogaz, automatisme de mise à l'arrêt des chaufferie en cas de fuite, maintenance préventive des canalisations et vannes, contrôles réguliers des équipements stockant le gaz sous pression.
Par ailleurs, les secteurs de production et de stockage du gaz sont entièrement clôturés tandis que leur accès n'est possible que sous contrôle avec un badge. Ce badge n'est délivré qu'aux personnes ayant reçu une formation spécifique aux risques explosions.
Etant donné que les périmètres de risques sont limités à l'intérieur de l'usines des eaux, en cas d'explosion, il n'y aurait pas de conséquence sur l'environnement, l'eau, la flore ou la faune, ni pour les riverains, car leurs habitations sont éloignées. Les risques pour les employés viendraient des bris de verre. C'est pourquoi les vitrages sont en macrolon (plastique résistant) ou renforcés par des films plastiques. Seul au voisinage immédiat des ouvrages de stockage, des risques significatifs pour la santé des personnels sont possibles en cas d'explosion. Ce secteur est donc très contrôlé, et seuls les agents ayant à intervenir sur un équipement y sont autorisés.

Les problèmes d'odeurs sont dûs aux composés soufrés (hydrogène sulfuré et mercaptan essentiellement) issus de la décomposition de la matière organique d'origine humaine. Le seuil de détection humaine est nettement inférieur aux concentrations mesurées dans l'environnement, elles est même largement inférieure aux seuils toxiques.

Les installations sont en voie de sécurisation dans le cas du plan de prévention du risque inondation (PPRI) "Seine".

La station est conçue pour fonctionner que l'hiver soit chaud (comme au printemps) ou très froid, car l'eau est en mouvement et est chaude du fait de la biodégradation initiée dans les émissaires.

La mise hors service de la station par attaque terroriste passerait par les rejets en seine. Pour autant, l'organisation des arrivées des eaux usées dans les émissaires et celle des files de traitement rendent peu probable la mise hors service de toute la station. Le SIAAP est en mesure d'assurer la continuité du traitement avec le reste des installations.
Les contrôles d'accès à la station et les rondes menés par les agent 24h/24 interdisent l'accès de groupes extérieurs à Seine aval.

Les lavandes ont été plantées sur d'anciens lits de séchage des boues à des fins purement esthétiques.

Si vous souhaitez en savoir plus, le SIAAP met en oeuvre début 2008 des ateliers de sensibilisation et vulgarisation sur le thème du traitement des eaux usées. Ces ateliers se tiendront à la cité de l'Eau, à côté de la station d'épuration de Seine centre (Colombes). Ils sont destinés aux scolaires. D'autres ateliers, plus pratiques et destinés aux établissements professionnels et aux universités, sont en cours de montage. Contact à la cité de l'Eau : Clotilde Marcel. clotilde.marcel@siaap.fr
N'hésitez pas à nous contacter pour plus d'informations.

Question n°96 de : VACHON Patrick-  78700 CONFLANS STE HONORINE - le 03/10/2007
Ma question pour justifier la nécessité de la déconcentrations :
Qu'arrivera-t-il dans le cas d'une incapacité totale de la station Seine aval, qui reste gigantesque, dans le domaine sanitaire, environnemental et dans le fleuve ?

On peut penser à un bombardement par exemple.

Réponse  SIAAP 04/10/2007
Le bombardement de notre usines dans le cadre d'une guerre sur notre territoire national n'a pas été envisagé.
On peut aussi raisonnablement penser que si ce drame devait survenir en France, l'usine du Seine aval ne représentera pas une cible stratégique comme pourraient l'être les centrales nucléaires, les centres de stockage de produits pétroliers ou les centres de télécommunication.
En outre, une usine d'épuration est conçue comme un outil industriel composé de plusieurs files de traitement afin d'assurer une redondance et donc une garantie au niveau de la disponibilité du traitement.
Le point faible pourrait être l'alimentation en énergie électrique qui est assurée par EDF par l'intermédiaire d'un poste de livraison de 225 000 volts. Cependant, le service proposé par EDF garanti dans les faits une disponibilité supérieure à 99.99% du temps. Une panne est cependant toujours possible mais ne durerait que quelques minutes voire au plus 1 à 2 heures.

Question n°98 de : QUENET Christophe-  78172 CONFLANS STE HONORINE - le 03/10/2007
La station est actuellement classée SEVESO 2 seuil bas. Peut-on avoir des précisions sur la nature du risque actuel pour les salariés et les riverains, et l'évolution de ce risque suite à la refonte ?

Une étude sur l'impact sanitaire de l'usine a-t-elle été réalisée ? Si oui combien de personnes concernées : salariés ? riverains ?

Sur quel périmètre géographique ?

Réponse  SIAAP 04/10/2007
1-L'établissement est classé Seveso II en raison de la quantité de biogaz produit lors du traitement des boues. Le biogaz est un gaz comprenant 65% de méthane et 35% de gaz carbonique, et présente des risques d'explosion et d'incendie.
En France, si de nombreuses usines d'épuration produisent elles aussi du biogaz, seule Seine Aval est classée Seveso II (directive européenne du 9 décembre 1996) du fait du volume produit. En revanche, l'usine est classée en seuil "bas" et non en seuil "haut", ce dernier étant considéré comme le plus sensible.

Les risques sont restreints à l'enceinte du site. En effet, dans l'hypothèse de l'explosion d'une sphère de biogaz ou d'un gazomètre, les zones concernées par les effets de souffle restent à l'intérieur du périmètre du site. De fait, aucun riverain n'est soumis aux risques d'explosion ou d'incendie. Pour le personnel, le risque encouru est accidentel, mais ne comporte pas d'effet chronique. Il ne peut donc donner lieu à une étude sanitaire.
Ce classement en Seveso II seuil bas a conduit le Siaap à contrôler et limiter l'accès à ces zones aux seules personnes autorisées, formées vis à vis de ces risques. Une cinquantaine de personnes peut se trouver en même temps dans ces secteurs.

La refonte de Seine Aval a également pour objectif de limiter le stockage de biogaz tout en augmentant l'autonomie énergétique par l'utilisation plus rapide du biogaz produit (doublement des capacités de cogénération électrique). En effet, le biogaz est une source d'énergie dite "propre", par rapport aux énergies fossiles, dont l'utilisation doit être favorisée dans une logique de développement durable telle celle du Siaap aujourd'hui.

2,3 - Une enquête épidémiologique a été menée en 2001 par l'Institut de veille sanitaire auprès de la population riveraine de Seine aval. Cette étude indépendante a conclu qu'aucun risque sanitaire ne peut-être associé à la proximité de la station d'épuration.
L'étude que nous souhaitons lancer en 2008 permettra de mettre à jour et de suivre au plus près cette problématique.

Question n°99 de : SAMADEN -  95220 HERBLAY - le 03/10/2007
Monsieur le Président de la CPDP,

Votre courrier du 31 août 2007 m'est bien parvenu avec les documents annoncés et je vous en remercie bien vivement. Je tiens à saluer la création de cette commission qu'intéresse toute la population riveraine et au delà, et à remercier les initiateurs éclairés. Le document maître d'ouvrage est particulièrement intéressant. Les concepteurs ont réussi à présenter l'ensemble des données pour la refonte de la station d'épuration , le calendrier et la méthode saisie. La seconde phase doit s'achever en septembre 2007. Elle s'appuie sur un programme détaillé établie en 2006. Pourriez-vous me faire parvenir un exemplaire de ce programme?

L'activité de l'ASSEBB est orientée en particulier sur la qualité des eaux de baignade et la pollution de l'eau de mer en liaison avec la communauté de communes, la DDASS et IFREMER. A la lumière de la tendance reconnue de l'eutrophisation de la Baie de Seine, l'objectif n°1 la reconquête de la Seine est fondamentale. Il serait souhaitable de présenter la liste de tous les produits et éléments présents dans l'eau de la Seine amont et celle rejetée par la station avec les quantités correspondantes (du tonnage annuel aux microgrammes pour certaines). Un tableau de bord pourrait être présenté avec l'évolution annuelle. Dans la Baie de Seine le rapport N/P est très surveillé. Qu'envisagez-vous pour les substances propriétaires et émergentes ?

Pour la qualité des eaux de baignade p66, il semble bien qu'elle passe au second rang et se trouve incluse dans la possibilité d'obtenir une eau potable par prélèvement et traitement. Il serait utile de connaître la qualité d'eau de rivière minimum demandée par les sociétés des eaux potables. Vue de Normandie, il est utile de faire connaître la distance d'impact des différents éléments rejetés dans la Seine. Un rapport d'impact devra être joint à l'enquête d'utilité publique.

Enfin, avez-vous participer au programme scientifique Seine Aval Université Rouen 1999 dont j'ai reçu les 17 publications ? Elles pourraient être remises à jour.

Dans l'attente de vos informations, je vous adresse, Monsieur le Président, l'assurance de mes très cordiales salutations.

Réponse  SIAAP 09/10/2007
En complément des informations transmises par la CPDP nous vous invitons à vous reportez au compte-rendu de la réunion publique qui s'est tenue le 23 octobre à Rouen et dans lequel vous trouverez des éléments de réponses à vos questions.
Le compte rendu est disponible sur le site du débat public : www.debatpublic-seineaval.org

Question n°100 de : MERLY Claude - le 03/10/2007
Amis " commissionnaires ",

D'abord, quelle chance d'avoir choisi Conflans-Fin-D'Oise comme siège ! C'est juste à côté de chez moi et j'y suis en 5mn de vélo.

J'ai, pour le moment, deux ou trois petites choses à demander ou signaler.

La première m'est inspirée par cet article d'un hebdomadaire satirique bien connu à propos de la pollution de nos cours d'eau. Notre rivière si chère est-elle aussi concernée par ces catastrophiques constatations ? Les poissons éventuels sont-ils plombés, mercurés, "pécébéisés", nitrifiés, pesticisés, etcétéraisés ...? J'apprécierais assez que votre commission fît analyser l'une de ces pauvres bêtes pour savoir ce qu'elle a dans le ventre et, surtout, le mît sur la place publique ainsi que sur son site. On pourrait utiliser des prises péchées en divers endroits de la rivière et, spécialement un peu en aval du chenal de rejet de la station d'épuration d'Achères. Même chose pour la toute nouvelle des Grésillons à Carrières-sous-Poissy.

Ensuite, je me pose plein de questions quant aux boues retirées des eaux d'égout et sur leur teneur en métaux lourds genre plomb, mercure, cadmnium, ... Je n'irai pas jusqu'à l'uranium ou le plutonium (quoique, par les temps qui courent et avec la dissémination de ces joyeusetés métalliques en provenance de l'ex-URSS, on puisse s'attendre à en trouver aussi dans nos égouts franciliens !). Quelqu'un a-t-il déjà passé ces résidus au compteur Geager? Une personne du SIAAP, assez au courant, me disait il y a quelques années que les boues n'étaient plus acceptées par les agriculteurs car trop polluées. Je faisais part de mes découvertes à un brave scientifique intervenant à un colloque qui eut lieu à l’Institut du Monde arabe voilà bien trois ans de ça, réunion organisée par le SIAAP dont j’ai l’honneur d’être l’un des « renifleurs » bénévoles. Cet homme, un peu éberlué, s’efforça de me prouver l’innocuité de ces déchets entre deux petits fours et un verre d’un excellent champagne au frais des franciliens. Qui a raison et qui a tort ?

Enfin j’ai noté dans vos imprimés introductifs, une intéressante remarque à propos des effluents de la Seine et de leur dispersion jusqu’en mer du Nord. Nous avons, en effet, de très forts dénivelés de marées et, partant, de très puissants courants dans la Manche et le Pas-de-Calais (le « Channel »), apparemment les plus importants au monde. Y aurait-il possibilité de déverser d’inoffensifs marqueurs dans l’eau de la Seine et de repérer leurs vagabonds trajets sur plusieurs mois ? Ca se fait bien pour des mammifères marins ou de gros squales. Pourquoi pas pour de simples molécules rejetées en Seine ?

Voilà pour le moment. Il serait intéressant de placer ces quelques remarques sur votre site et espérer des réactions, en y ajoutant, bien évidemment, l’article du Canard après en avoir obtenu l’autorisation de son auteur ou de la rédaction du journal.

Sur ce, croyez bien, chers amis, à l’intérêt que je porte à votre mission et au succès que je vous souhaite,

CONFLANS STE HONORINE, ce mardi 11 septembre 2007.

Réponse  SIAAP 09/10/2007
1 -Concernant votre remarque sur les polluants dans les chairs des poissons :
Depuis 1990, le SIAAP commande au Conseil Supérieur de la Pêche (devenu ONEMA en 2007) un suivi annuel de la population piscicole en amont et en aval de l’agglomération parisienne. Depuis 2000, une partie des poissons pêchés à cette occasion est prélevée pour analyse des micropolluants dans les chairs. Nous faisons effectuer des analyses sur les chairs de poissons prélevés à Gournay sur marne, à Villeneuve St Georges, à Levallois Perret et à Poissy. Les micropolluants recherchés dans les chairs des anguilles et des gardons sont le zinc, le mercure, les pesticides et les PCB totaux indicateurs. Parmi les métaux, seuls le zinc et le mercure font l’objet d’un suivi continu car les autres métaux sont en très faibles concentrations et ne sont pas pertinent pour évaluer une contamination. Les PCB ont beaucoup été utilisés entre les années 30 et les années 80 pour leurs qualités d'isolants électriques et de lubrifiants. Leur utilisation et vente sont désormais interdites. Vu qu'ils se dégradent très lentement, on les retrouve dans les eaux. Ces deux espèces de poissons ont été retenues car elles présentent des régimes alimentaires et des caractéristiques différents. Les anguilles sont des poissons gras qui se nourrissent dans les sédiments, ce qui favorise la bioaccumulation des micropolluants organiques. A contrario, les gardons se nourrissent dans la colonne d'eau, et non pas dans les sédiments, de crustacés, algues et mollusques, des aliments moins contaminés que les sédiments.

Vis-à-vis de la contamination générale, les teneurs en micropolluants dans les chairs de poissons de la Seine et de la Marne sont logiquement supérieures aux valeurs de références, prises dans des zones du bassin de la Seine les moins contaminées, pour tous les paramètres à l’exception du zinc. Vis-à-vis du risque sanitaire, le seul dépassement réglementaire concerne les DDT totaux (arrêté du 5/12/94) dans les anguilles de Gournay sur Marne. Les DDT sont des pesticides organochlorés interdits dans les pays industrialisés dès le début des années 1970. Tous les autres poissons (anguilles et gardons) pêchés en 2006 sur les quatre stations de suivi répondent aux normes sanitaires Françaises et Européennes relatives aux concentrations en micropolluants dans les chairs. Les anguilles sont toujours plus contaminées que les gardons. Les PCB, des polychlorobiphényles, sont plus connus sous le nom de pyralène. Parmi eux, certains sont dits PCB apparentés aux dioxines. Jusque récemment, ils n’étaient pas réglementés dans les chairs de poissons. Cependant depuis le 3 février 2006, ceux-ci sont soumis au règlement européen n°199/2006 qui fixe leurs teneurs maximales dans les chairs de poissons en raison de leur toxicité. Dans l’environnement, les PCB apparentés aux dioxines sont en concentration beaucoup plus faibles que les PCB totaux et les analyses en sont délicates. Ces analyses sont en cours de réalisation sur les dernières pêches effectuées au printemps 2007.

Pour la prochaine campagne de pêche, nous avons prévu d’augmenter la liste des micropolluants recherchés en faisant doser l’hexachlorobenzène, l’hexachlorobutadiène et le méthylmercure. Tous sont de micropolluants organiques d’origine industrielle. Le méthylmercure est un produit de métabolisation du mercure par les microorganismes. Il est beaucoup plus toxique que le mercure lui même. L’évaluation du bon état écologique des rivières et fleuves (circulaire 2007/23 du 7 mai 2007) repose sur la mesure de ces trois molécules dans les chairs de poissons.


2-Concernant vos remarques sur les métaux lourds et les éléments radioactifs :
L'épandage des boues d'épuration en agriculture est encadré par le décret n° 97-1133 du 8 décembre 1997 (aujourd'hui repris dans le livre II du Code de l'Environnement) et l'arrêté du 8 janvier 1998 qui fixe des teneurs en éléments traces métalliques (ETM ou « métaux lourds ») dans les sols et les boues, ainsi des flux annuels maximums cumulés de ces éléments sur dix ans. Le SIAAP n’épand que des boues conformes à la réglementation, qui a pour objectif de protéger les acteurs de la filière d'épandage et de définir les meilleures conditions d'innocuité pour l'homme et son environnement.
La demande agricole pour les boues du SIAAP est encore importante. A Seine aval, environ 70% des boues sont valorisées en agriculture. Cependant, il est vrai qu’un climat de suspicion lié à la présence de certains polluants s’est installé, paradoxalement depuis le renforcement de la réglementation des épandages en 1998. Même si les teneurs en ETM sont inférieures aux seuils réglementaires, le débat entre les agriculteurs, les services de l’Etat et les producteurs de boues est vite devenu difficile.
D’un côté, les agriculteurs apprécient la qualité agronomique des boues, leur gratuité et le « rendu racine » (c’est-à-dire la prise en charge de la livraison des boues, de l’épandage et des analyses de sol par le producteur de boues), mais le monde agricole subit également les pressions de l’industrie agroalimentaire.

On trouve partout des ETM, à l’état natif sur les sols, dans l’air, dans les engrais du commerce. Pour ce qui est des boues, elles ne présentent pas toutes les mêmes quantités d’ETM. Il est vrai que les boues de Seine aval ont des teneurs en ETM plus élevées que des boues urbaines classiques, tout en respectant les seuils réglementaires. Ceci s’explique par les procédés mis en jeu à Seine aval (digestion et cuisson des boues), qui concentrent les polluants.
Cependant, la teneur de la majorité des ETM des boues de Seine aval est actuellement très inférieure aux seuils définis par l’arrêté du 8 janvier 1998. Le SIAAP travaille depuis plusieurs années à diminuer ces teneurs notamment à travers les conventions passées avec les industriels raccordés au réseau.
De plus, la refonte de Seine aval prévoit le remplacement de l'usine des boues actuelle. De nouveaux procédés de traitement des boues seront utilisés et la teneur en ETM des boues s'en trouvera diminuée pour atteindre des valeurs comparables à celles des autres stations d'épuration.
Enfin, en ce qui concerne la radioactivité dans les boues, lors de leur évacuation en Centre d’Enfouissement Technique ou vers certains sites de compostage, chaque camion passe sous un portique de détection avant d’être pesé. Aucune anomalie n’a été à ce jour détectée sur les boues de Seine aval. La seule anomalie a été détectée sur des REFIB (Résidus d'épuration des fumées d'incinération des boues) de l’usine du SIAAP Seine amont à Valenton (94). La radioactivité était liée à la présence d’iode 131 dans les boues incinérées, utilisé pour diagnostic médical. Cette anomalie ne concernait qu’un lot de boues particulier qui n’avait pas suivi le procédé de traitement habituel.

3-Concernant un marqueur de la Seine à la mer du Nord :
En préalable, il nous semble nécessaire de vous donner plus d'information sur la convention OSPAR. La convention OSPAR a une portée européenne et a pour but de protéger contre toute pollution des étendues marines assez vastes. Elle a été signée à la suite de la prise de conscience croissante des dangers suscités par la pollution des mers et des océans. Sa vocation est la protection du milieu marin de l'Atlantique nord-est. Les parties contractantes à la convention sont : l’Allemagne la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, la France, l’Irlande, l’Islande, le Luxembourg, la Norvège, les Pays Bas, le Portugal, le Royaume Uni, la Suède, la Suisse. Les fleuves de tous ces pays aboutissent dans l’Atlantique nord-est, et sont donc susceptibles d’y déverser toutes les pollutions qui n’ont pas été traitées en amont. En 1998, la réunion ministérielle de la Commission OSPAR a adopté des stratégies qui orientent ses travaux futurs dans les quatre grands secteurs suivants :

a. protection et conservation des écosystèmes et de la diversité biologique;
b. substances dangereuses;
c. substances radioactives;
d. eutrophisation.

C’est pour répondre à l’obligation de protéger les littoraux contre l’eutrophisation que nous devons poursuivre le traitement de l’azote jusqu’à la dénitrification de nos effluents. L’azote contenu dans les nitrates stimule en effet la croissance excessive d’algues parasites dans les eaux marines, c’est l’eutrophisation. Vous pouvez observer ce phénomène notamment en Bretagne où de nombreuses plages et d’es eaux littorales sont envahies par des algues vertes. Au titre de la convention OSPAR, nous devons très fortement réduire nos rejets en nitrates pour protéger non seulement les littoraux français de l’eutrophisation mais aussi tous ceux de l’atlantique nord-est. Comme vous le mentionnez vous-même, nous avons, en effet, de très forts dénivelés de marées et, partant, de très puissants courants dans la Manche et le Pas-de-Calais, apparemment les plus importants au monde.

Vous suggérez d’effectuer un traçage pour le vérifier. Cela n’est pas nécessaire ni souhaitable. Or aucun traceur n’est vraiment inoffensif, et génèrerait des tonnages importants dans le cas présent. Les scientifiques préfèrent utiliser des traceurs géochimiques, c'est-à-dire suivre des molécules chimiques présentes naturellement dans les sols et caractéristiques d’un bassin versant et étudier leur dispersion. Parfois des molécules déversées à la suite d’une pollution industrielle accidentelle ou non peuvent servir de traceurs. D’autres informations leur servent également à étudier cette dispersion. On peut citer la température des eaux et leurs salinités, car de nombreuses masses d’eaux peuvent être identifiées par ces deux paramètres. C’est ce qui a été fait et il a été montré qu’une partie des eaux de la Seine franchissait le Pas de Calais.

Si nos rejets n'étaient pas convenablement traités, ils participeraient à la dégradation la qualité des eaux de la Mer du Nord. Un des objectifs de la refonte d’Achères est de protéger contre l’eutrophisation non seulement les littoraux français mais aussi ceux de la Mer du Nord, et participer à la conservation des écosystèmes et de la diversité biologique de l’Atlantique Nord-est comme la France s’y est engagé en signant la convention internationale OSPAR.


Question n°111 de : SALMON Philippe-  95220 HERBLAY - le 10/10/2007
1) Classement de l'usine
2) Peut-on craindre un AZF2 ?
3) Risques chimiques ?
4) Les risques sanitaires sont de quel ordre (cancer, épidémie, developpement de maladie inconnue à ce jour ) ?

Réponse  SIAAP 10/10/2007
1) Le site Seine aval contient des installations classées pour la protection de l’environnement. Il s’agit notamment du stockage de biogaz (gazomètres et sphères), de la compression de gaz inflammable, de l’utilisation de ce biogaz dans des chaufferies, du stockage de liquides inflammables et de l' incinération de résidus graisseux.
Le stockage de plus de 42 tonnes de biogaz soumet l’établissement à certaines dispositions de l’arrêté ministériel du 10 mai 2000, communément appelé « arrêté Seveso2 ». L’établissement est classé « seveso2 seuil bas » et non « seuil haut ».

2) Les études de danger montrent qu’en cas d’explosion des sphères ou des gazomètres, l’effet de souffle générant des effets sur les personnes reste cantonné à l’intérieur de l’établissement. Le risque pour les riverains n'existe donc pas. Cependant, des dispositions de sécurité supplémentaires ont été prises pour le personnel avec l'existence d'un périmètre, dans lequel ne pénètrent que les personnes habilitées, badgées, et ayant suivi une formation.
Le biogaz, issu du traitement des boues, est un gaz considéré comme "propre" comparé aux énergies fossiles. Le SIAAP souhaite en augmenter l'utilisation, mais dans un laps de temps plus court, ce qui limite son stockage.

3) Les produits chimiques entreposés et utilisés sur le site sont stockés dans des cuves, elles-mêmes placées à l’intérieur de cuves de rétention étanches. Ce système permet d’éviter toute fuite vers l’extérieur de l’établissement. Le personnel réceptionnant ces produits fait là aussi l’objet d’une formation spécifique et d’une habilitation au poste de travail. Dans le risque chimique se trouvent aussi les produits liés à la dégradation biologique de la matière organique (H2S, monoxyde de carbone et produits venant de déchets industriels dont les COV). Là aussi, un système d'alerte, des capteurs par exemple, permet de prévenir le personnel en cas de danger.
Il faut noter que le SIAAP, dans le cadre de sa mission de traitement des eaux usées, favorise la mise en œuvre de traitements biologiques.


4) Les études effectuées dans les stations d'épuration, françaises et dans le monde, montrent toutes que le risque biologique réside principalement dans les aérosols, à proximité des bassins de traitement biologique. Ces études concordent sur la distance du risque : quelques dizaines de mètres autour des bassins. S’il y a risque, il intéresse donc dans un premier temps les agents du SIAAP. Or le suivi médical réalisé sur les agents du SIAAP travaillant en station d’épuration ne montre pas de pathologies particulières. Côté riverains, une enquête épidémiologique a été faite en 2001 par l'Institut de veille sanitaire, un établissement public de l'Etat placé sous la tutelle du ministère chargé de la santé. Elle portait sur un échantillon de population vivant à proximité de Seine Aval. Sa conclusion fut qu'il n'existait pas de risques pour la santé malgré la présence d'odeurs.
En 2008, le SIAAP engagera une nouvelle étude épidémiologique pour établir un bilan et faire une comparaison des résultats par rapport aux autres enquêtes réalisées antérieurement. Il s'agira aussi, conformément à la proposition de Daniel Duminy, Directeur Général du Siaap, de faire en sorte que ce suivi épidémiologique puisse se poursuivre sur une très longue période.

Question n°139 de : EVRARD Sylvia-  95220 HERBLAY - le 15/10/2007
Y aura-t-il possibilité que des contre-expertises soient réalisées ? Je pense à l'une d'elles sur la prévention des risques, au lieu de toujours traiter la pollution une fois qu'elle est... dans l'eau ...

Réponse  SIAAP 18/10/2007
Les stations d'épuration permettent de réduire les pollutions que chacun d'entre nous génère (par les toilettes, la douche, la vaisselle, la lessive et l'activité économique et industrielle).
Si votre question se réfère bien aux polluants véhiculés dans les eaux usées, assainies dans les stations d'épuration puis rejetées, plus propres, dans le milieu naturel, une meilleure prévention des risques consiste à diminuer la quantité de ces polluants à la source.
De quelle type de pollution parlons-nous ? La principale source de pollution organique domestique provient de la biologie humaine : chaque habitant émet en effet 35 kg de matière sèche dans ses matières fécales et 500 litres d'urines par an. Vous comprendrez qu'il est difficle de réduire cette quantité. En revanche, chacun peut agir sur les produits ménagers qu'il utilise.
Les éco-labels : préférez les lessives sans polyphosphates, évitez l’abus de détergent, choisissez des produits à label biologique, ne rejetez pas de solvants, de peintures ni de pesticides ou herbicides dans les égouts (évitez leur emploi ou du moins minimisez-les), ni de médicaments périmés qu'il faut désormais rapporter à son pharmacien. Si vous avez un accès à Internet, vous pourrez trouver des indications pour des produits ménagers de substitution, moins polluants, sur le site de l'Arehn (Agence régionale de l'environnement en Haute-Normandie), rubrique "publications", fiche "produits ménagers : le geste écocitoyen" (www.arehn.asso.fr).
En effet, beaucoup de ces produits chimiques contiennent des micropolluants qui posent des problèmes au niveau des stations d’épuration et ont un impact sur l’environnement, et donc notre santé. Si vous devez vous débarrasser de tels produits, adressez-vous à la déchetterie la plus proche de votre domicile. Rapprochez-vous d’associations de consommateurs qui donnent des orientations très pertinentes dans ce domaine. Ces actions sont bénéfiques pour la qualité des eaux et pour votre santé.
Les stations d'épuration ne traitent pas que les eaux usées domestiques. Les eaux pluviales et les rejets industriels, bien que ces derniers fassent l'objet d'un cadre réglementaire très précis, partent aussi dans les stations d'épuration. Et à chaque type d'eau correspond une pollution spécifique.
Seine Aval reçoit essentiellement des eaux usées domestiques et pluviales et rejette dans le milieu naturel une eau plus propre. L'objectif de la refonte est de répondre aux nouvelles réglementations, celle de la directive cadre sur l'eau permettant de rejeter une eau encore plus propre qu'avant et de préserver le milieu aquatique. Pour les riverains, la refonte pourrait se traduire par une intégration de la station d'épuration dans son environnement et la suppression à terme des nuisances sonores et olfactives.

Le Siaap est favorable à la participation de tous les acteurs, associaions, élus et riverains dans un cadre claire et transparent.
Le choix des experts doit-être ouvert et concerté avec l'ensemble de nos partenaires. Le Siaap mettra en oeuvre dès la finalisation de notre projet, après intégration des remarques issues du débat public, un comité de suivi spécifique ouvert à tous les acteurs du projet et ceci pendant toute la durée du chantier. Des expertises complémentaires pourront naturellement être dilligentées dans ce cadre.
Il nous semble aussi très important de mettre l'accent sur l'évaluation des mesures prises en matière de protection des agents et des riverains, car si tous les scientifiques sont aujourd'hui unanimes sur l'absence de causalité directe entre une station d'épuration et son milieu environnant, nous nous devons de rester vigilant.

Question n°155 de : MORET René-  02390 ORIGNY SAINTE-BENOITE - le 24/10/2007
La station d'épuration Seine aval respecte-t-elle bien les normes autorisées ? (Contraintes réglementaires)

Réponse  SIAAP 24/10/2007
La station d'épuration Seine Aval respecte l'arrêté interpréfectoral d'autorisation de rejet, décrété en mai 2007. Les prescriptions de cet arrêté ne peuvent être qu'égales ou plus strictes que celles de l'arrêté du 22 décembre 1994, issu de la directive européenne. Pour vérifier notre conformité de rejet, nous avons l'obligation de mettre en place une autosurveillance qui se fait 365 jours/365, en entrée et en sortie de l'usine, sur les indicateurs de pollution suivants :
- demande chimique en oxygène (DCO)
- demande biologique en oxygène (DBO)
- azote (NTK)
- amonium (NH4)
- nitrate (NO3)
- nitrites (NO2)
- phosphates (PO4)
- platine (PT)
Les prescriptions réglementaires portent sur une concentration en rejet à ne pas dépasser ou bien un rendement minimum d'élimination à réaliser. Cette autosurveillance qui repose sur le principe de l'auto-contrôle est parfaitement cadrée par nos autorités que sont l'agence de l'eau Seine-Normandie et le Service de la Navigation de la Seine (police de l'eau) qui reçoivent notre bilan mensuellement, et qui peuvent à tout moment réaliser un contrôle inopiné ou bien un audit du système en place. Que ce soit le résultat d'audit ou de contrôles inoppinés, nos autorités sont satisfaites de l'autosurveillance.
L'arrêté du 22 décembre nous autorise, en fonction de la charge traitée sur la station, à 25 non conformités (NC) par an. Pour information, nous avons eu 19 NC sur 2006, et cumulons pour l'instant sur 2007, 10 NC.
En résumé, notre activité est parfaitement cadrée par un contexte réglementaire et un système d'auto-surveillance, lui regardé de très prêt par nos autorités. Le nombre de NC par an sur Seine Aval démontre les efforts réalisés pour mener à bien notre mission de préserver la Seine.

Question n°161 de : BLONDEL Yves-  14200 HEROUVILLE-SAINT-CLAIR - le 26/10/2007
1) Achères:
a) Y a-t-il des données sur l'impact des pollutions dues aux traitements de médecine nucléaire ? Entrée / sortie / boues ?
b) Accident ou incident grave à Nogent ? Quelle sensibilité ?

2) Seine Aval et amont : pas de suivi de la radioactivité dans les eaux et les sédiments : pourquoi ?

Réponse  SIAAP 31/10/2007
1- Il n’existe pas de données sur la station d’Achères. Il existe cependant une étude portant sur la station de Caen que nous pouvons vous transmettre*. Elle montre que les différents radio-éléments présents en entrée de station sont ceux utilisés en médecine nucléaire à des fins de diagnostic ou thérapeutique. Il s’agit essentiellement du tchnétium métastable et de l’iode 131.
On retrouve une quantité de molécules radioactives relativement importante en entrée de station qui ensuite se retrouvent pour une grande partie concentrée dans les boues. En effet, les eaux de rejets ne comprennent plus qu’une quantité infime d’éléments radioactifs. Cette diminution du flux radioactif entre l’entrée et la sortie est principalement due à la décroissance radioactive du fait d’un temps de demi-vie relativement court des molécules présentes pouvant aller de 6 heures pour le tchnétium 99 à 8 jours pour l’iode 131.
On constate une réduction de la radioactivité de près de 95% entre l’entrée et la sortie de la station.
En ce qui concerne les boues, elles subissent une élimination rapide de la radioactivité par un phénomène de décroissance radioactive du fait de la période courte des radio-éléments.
Toutefois par précaution ces boues lors de leur évacuation en centre d’enfouissement technique ou sur les sites de compostage, passent sous un portique de détection avant d’être pesées. Jusqu’à présent aucune anomalie n’a été détectée sur les boues de Seine Aval.

2-3- Toute une organisation a été mise en place en région parisienne pour faite face à des incidents sur la centrale de Nogent sur Seine pouvant conduire à l’émission de grande quantité de radioactivité pouvant rendre l’eau de la Seine impropre pour la production d’eau potable. Cette organisation comporte deux volets essentiels : l’alerte et les mesures conservatoires vis-à-vis de la production d’eau potable.

* Organisation de l’alerte

- Au titre de son arrêté d’exploitation la centrale de Nogent est astreinte au contrôle de ses rejets et soumise à déclaration en cas d’incident. Les informations sont transmises au Préfet qui en informe et les autorités administratives de la Région Ile de France.

- De plus, les distributeurs d’eaux se sont organisés, au sein d’une convention liant Eau de Paris, le Sedif, la Lyonnaise et l’Agence de l’eau, pour gérer des balises d’alerte placées bien en amont des prises d’eau potable. Cette surveillance présente un caractère indépendant vis-à-vis de EDF.

- D’autre part une surveillance est effectuée au niveau des producteurs potables. La mesure de la radioactivité fait partie des nombreuses analyses auxquelles sont soumises régulièrement les eaux à partir desquelles est produite l’eau potable.

* Distribution d’eau potable
La région parisienne, en dehors des ressources souterraines, est alimentée en eau potable principalement à partir d’eaux de surface après traitement qui proviennent de la Marne, l’Oise et la Seine. Les réseaux de distribution d’eau potable ont été maillés entre eux. Ainsi, si une pollution survient sur l’une des rivières, les usines de production d’eau potable situées sur les deux autres rivières peuvent venir en secours de l’usine mise à l’arrêt et maintenir la distribution d’eau potable.
Si un incident survient en Seine, les usines d’eau potable situées sur la Seine cessent leur production et celles qui prélèvent en Marne et en Oise prennent le relais.


En ce qui concerne la surveillance du milieu naturel assuré le SIAAP, il faut que vous sachiez que comme les organismes mentionnés plus haut, nos rejets sont aussi soumis à des autorisations de rejets. Celles-ci nous définissent très précisément, les points de surveillance, la fréquence de prélèvement ainsi que la liste des paramètres à analyser. Avant d’évaluer de mieux connaître l’impact de nos rejets nous allons au-delà des prescriptions qui nous sont opposés, en augmentant le nombre de points de surveillance, la fréquence de prélèvements et le nombre de paramètres physicochimique et bactériologiques analysés. Les paramètres ciblés sont essentiellement ceux pour lesquels les stations ont une efficacité reconnue. Mais pour aller plus loin, nous ciblons d’autres molécules à travers des études plus ponctuelles comme les produits pharmaceutiques qui ont déjà faits l’objet d’une étude sur la station de Valenton. Actuellement nous nous sommes engagés aux côtés d’autres partenaires sur une qualification plus précise des effluents issus des établissements hospitaliers. Les flux de radioactivité consécutive aux soins hospitaliers transitant par les stations d’épuration n’ont pas, jusqu’à présent, pas été identifiés comme un risque majeur. La durée de vie de ces molécules est effectivement très courte et les concentrations en entrée de nos usines d'épuration en entrée de nos usines d'épuration extrêmement faibles et souvent à la limite de la quantification.


* Si vous souhaitez obtenir l'étude, vous pouvez envoyer votre demande en envoyant un mail à anne-clemence.sorbara@siaap.fr

Question n°180 de : Léraillé Jacques-  60240 La Villetertre - le 15/11/2007
En cas de problème ? Le Fonds d'indemnisation.

On en parle dans chaque réunion, la chambre d'agriculture de l'Oise a choisi de s'abstenir plutôt que de voter non au CODERST concernant l'enquete publique de 2007 dans l'Oise parce qu'il y avait un fonds d'indemnisation pour protéger ses agriculteurs.
Qu'est ce que ce FAMEUX "fonds de garantie, prévu par la loi sur l'eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006" ?
Pouvons nous savoir ou en est sa mise en application, le détail de son contenu : modalité,
ce que cela couvre :
- Perte de récolte,
- maladie éventuelle,
- pollution rendant tte culture impossible
- pollution necessitant remise en état du site.
- etc etc

Cordialement
Jacques Léraillé - Pdt des Amis du Bochet

Réponse  SIAAP 15/11/2007
Cette question relève du Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement Durables qui sera plus à même de vous répondre. Vous pouvez vous adresser à M. Ferstler, qui est intervenu lors de la réunion publique du 12 novembre dernier.

Question n°196 de : STRAUSS Roland-  95220 HERBLAY - le 21/11/2007
Mènera-t-on une véritable enquête épidémiologique selon les règles médicales et statistiques ou fera-t-on comme la dernière fois, par téléphone ?

Réponse  SIAAP 05/12/2007
Le SIAAP s’est engagé à faire réaliser une étude épidémiologique dans le courant de l'année 2008. Nous consultons actuellement un certain nombre d'experts afin de déterminer la méthodologie la plus appropriée.
Comme les experts l'ont dit lors de la réunion publique relative aux risques sanitaires et industriels*, le 22 novembre dernier à Achères, réaliser une étude épidémiologique relève d'un processus de long terme et ne peut être effectuée en quelques mois. Il s'agit d'identifier en amont les questions à étudier, ensuite préparer un plan d’expérience, demander les autorisations, recenser des volontaires et éventuellement faire des prélèvements. Ce processus peut prendre plusieurs années, mais c'est la garantie d'obtenir des résultats fiables et exploitables.


* Vous pouvez télécharcher le contenu de cette réunion sur le site du Débat public : http://www.debatpublic-station-epuration-seineaval.org/docs/compte-rendu/20071122/verbatim-20071122.pdf

Question n°200 de : DUMONT Didier-  75012 PARIS - le 21/11/2007
Les nuisances que subissent les riverains par les odeurs sont pour nous personnelles des gazs que nous avons à respirer en premier. La couverture des installations précédemment effectuées ont accru les risques pour les personnels. Bâtir une usine comme Colombes ne répondra pas aux risques pour les agents. Comme je l'ai dit à Herblay, il y a un four à Colombes et on retrouve des cendres dans tous les recoins. Quels systèmes d'extraction seront mis en place dans la refonte ? Collectif indépendant de chaque salle ?
Quels produits sont injectés dans les réseaux ? Couvrent-ils les odeurs ? Les détruisent-ils ?
Que peuvent générés ces produits comme risques pour les personnels ?

Réponse  SIAAP 05/12/2007
1-2-L’un des principaux objectifs de la refonte de SAV est la prise en compte et l’intégration de l’homme dans son environnement de travail garantissant la sécurité du personnel d’exploitation et la qualité des conditions d’exploitation.

Les objectifs en terme de qualité de l’air à l’intérieur des bâtiments ont été définis en collaboration avec les ergonomes et les exploitants, en, s’appuyant notamment sur les retours d’expérience.

Ainsi, le dimensionnement de la ventilation améliorera le confort olfactif des agents et garantira la sécurité du personnel en tout point de l’usine et en toutes circonstances. L’objectif est d’éviter tout risque d’inhalation de poussière ou de substances chimiques (gaz notamment) nocifs pour la santé. Seront également prévues des solutions de ventilation redondantes de secours, afin de pallier les éventuelles coupures totales d’électricité.

Lorsque des opérations de maintenance seront susceptibles d’être réalisées dans des zones où l’atmosphère peut présenter des dangers particuliers, des dispositifs mobiles de ventilation, obligatoirement fournis avec l’ouvrage seront utilisés.

3-4-5- Depuis de nombreuses années déjà, le SIAAP injecte du nitrate de calcium à certains endroits stratégiques des réseaux (en amont de la station d'épuration) et à certaines périodes (particulièrement en cas de fortes chaleurs). Des essais ont également été faits par le SIAAP sur des durées limitées pour injecter du chlorure ferreux.
Ces réactifs utilisés dans les réseaux ont une action biologique ou chimique qui prévient la formation des composés soufrés, composés le plus souvent responsables des mauvaises odeurs en assainissement (odeur d’œuf pourri, de choux).

En traitement des odeurs, il existe également certains produits, appelés « masquants », dont l’action consiste à ajouter une odeur agréable pour couvrir une odeur désagréable. Ces produits ont ponctuellement été testés par le SIAAP sur quelques sites mais ne sont pas utilisés quotidiennement et ne sont pas injectés dans les réseaux.

6- Le produit àqui est injecté dans les réseaux est le nutriox. Il s’agit d’une molécule qui permet d’inhiber la formation d’H2S, un gaz toxique. Le nutriox est d’après les fabricants sans effet pour l’environnement et non toxique pour l’organisme.
En ce qui concerne les fours et les cendres, l’étude menée par la Direction de la recherche et du développement du Siaap sur l’usine de Seine centre n’a montré aucune conséquence sur les agents de la station. Cependant, il est vrai que différentes études démontrent un impact de l’incinération sur la santé des employés et également du voisinage. Ces conclusions sont donc différentes de celles de l'études sur les incinérateurs de Seine Centre. Cela peut s'expliquer par la différence de volumes à incinérer entre les stations étudiées.
En outre, une étude focalisée sur les cendres des fours et sur leurs impacts sur la santé de nos agents est prévue.




Question n°204 de : CAFFIN François-  78600 MAISONS-LAFFITTE - le 23/11/2007
Les "nuisances olfactives" sont-elles de simples odeurs nauséabondes ou présentent-elles un risque pour la santé de part les substances véhiculées ?

Réponse  SIAAP 25/11/2007
Au vu de votre question, il semblerait que vous corréliez la notion d'odeurs à celle de risques éventuels pour la santé. Jusqu'à ce jour, et dans les connaissances scientifiques actuelles, il n'existe aucune étude qui démontre une relation entre les odeurs et des risques sanitaires. Par ailleurs, une enquête épidémiologique souhaitée par les pouvoirs publics a été menée entre mai et juin 2001 sur un échantillon de population vivant à proximité de la station d'épuration de Seine Aval. Sa conclusion fut qu'il n'existait pas de risques pour la santé malgré la présence d'odeurs. De plus, toutes les études internationales sur le même sujet concluent qu' à une distance de 200 mètres environ à proximité d'une station d'épuration, la composition de l'air est similaire à celle de l'air ambiant.
Le Siaap s'est engagé lors du débat public à faire réaliser une étude épidémiologique dans le courant de l'année 2008. Nous consultons actuellement un certains nombre d'experts afin de déterminer la méthodologie la plus appropriée, garantissant des résultats fiables et exploitables.

Question n°211 de : MONJANEL Lucile-  95220 HERBLAY - le 05/12/2007
1). L'intensité des nuisances est due à la nature de l'effluent qui fermente pendant tout le trajet à l'arrivée de Seine aval. Vous avez dit utiliser des produits chimiques, mais quelle est leur incidence ?

2). -Ces produits chimiques utilisés ;
-Le fait que trop d'industriels versebnt dans le réseau du SIAAP sans prétraiter ;
-Le fait que vous traitez les effluents de Roissy ;
-Le CEA de Saclay est-il branché sur le convention réseau et si oui, y a-t-il un suivi d'une radioactivité potentielle ?

Tous ces points soulevés donnent quoi à la fin ?

Réponse  SIAAP 18/12/2007
Le produit que nous utilisons pour empêcher les odeurs est du nitrate de calcium (Ca(NO3)2). En solution dans l'eau ce produit se décompose Ca++ qui est l’ion calcium et en NO3- qui est l’ion nitrate.
L’ion nitrate libère de l’oxygène nécessaire aux bactéries pour dégrader la matière organique sans produire de composés malodorants, en même temps il y a libération d’azote gazeux (identique à celui présent dans l’atmosphère).
L’ion calcium reste dans l’eau où il est déjà abondant naturellement dans les eaux naturelles car les sols en région parisienne sont à dominante calcaire.