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 / Réponses aux questions

Voici les questions posées par le public par mail, par courrier ou lors des réunions publiques. Nous affichons les questions et les réponses.

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Thème séléctionné : Qualité du milieu récepteur

Question n°2 de : KIR Olivier - le 13/09/2007
Messieurs,

J'ai pu remarquer qu'un grand souci de la station d'épuration est l’afflux important d’eaux de ruissellement lors des pluies et orages.

N’est-il pas possible à la source de diminuer ce problème et d’éviter d’avoir des surcapacités de traitement ?

1. Faire en sorte que les eaux de ruissellement des rues soient dirigées vers des espaces verts absorbants.

2. Favoriser l’arrosage et l’épandage dans les jardins privatifs des eaux des toitures.

3. Utiliser les eaux des toitures pour alimenter les toilettes ou pour un autre usage

4. Avoir éventuellement un traitement différent et local de ces eaux peu polluées, peut-être même pour l’eau de ville ou industrielle.

Meilleures Salutations

O. Kir

Réponse  SIAAP 25/09/2007
1-2. La maîtrise du ruissellement urbain est une politique constante menée par les communes en liaison avec les départements et le SIAAP, depuis plusieurs décennies. Ainsi en est-il des travaux en Seine Saint-Denis qui, dès les années 80-90 a effectué de la rétention à la parcelle grâce à des techniques alternatives. Cette politique se traduit par des actions concrètes comme la création de mares et plans d’eau, la végétalisation des toitures, la récupération des eaux de toitures pour l’infiltration ou le stockage pour l’arrosage des jardins, la récupération des eaux de ruissellement vers des zones vertes, la création de bassins de rétention, etc…. Les conseils généraux des départements peuvent fournir une liste des travaux qu’ils ont co-financés pour la maîtrise des eaux pluviales.

Le projet de la refonte de l’usine Seine Aval a été défini dans le cadre de la révision du schéma directeur de l’assainissement de la région parisienne, qui suppose que la politique ferme de maîtrise des eaux de ruissellement se poursuive dans les années à venir sur la région parisienne.

3. La réutilisation des eaux pluviales pour les usages domestiques permet surtout d’économiser de l’eau potable, mais ne diminue pas vraiment les volumes transitant dans le réseau, puisque les toilettes (et les machines à laver le linge, autre exemple de réutilisation) sont raccordées au réseau qui rejoint les stations d'épuration. Pour qu’elles soient efficaces, ces techniques doivent être accompagnées d’une technique d’infiltration dans le sol, afin d’éviter de renvoyer les eaux dans le réseau, lorsque les cuves sont pleines (ce qui arrive fréquemment lors de pluies longues, ou lors du passage de pluies successives). La Direction générale de la santé du Ministère de la santé, conjointement avec le Conseil supérieur d'hygiène publique émettent des réserves quant à cette pratique qui, selon des études qu'ils ont mené, peut occasionner des problèmes de santé en cas de mauvais branchement des réseaux internes par un nouveau propriétaire (risque de mélange entre l'eau potable et les eaux de temps de pluie).
Par contre, l’utilisation de l’eau des toitures pour l’arrosage des jardins et pelouses permet aux propriétaires, sous certaines conditions (Cf. la loi sur l'eau du 30/12/06 et le décret u 4/05/07), de bénéficier d’un crédit d’impôt.
Les solutions particulières existent mais leur mise en œuvre doit être réfléchie afin qu’elle soit réellement efficace vis-à-vis de l’objectif recherché.
Enfin, les communes ont la possibilité de mettre en application une taxe des eaux pluviales, pour inciter les particuliers et les entreprises, à limiter le renvoi des eaux de pluie dans les réseaux.

4.Avoir éventuellement un traitement différent et local de ces eaux peu polluées, peut-être même pour l’eau de ville ou industrielle suppose d’avoir un réseau séparatif (un tuyau pour les eaux usées, un autre pour les eaux de pluies) pour ne pas mélanger ces deux types d'eaux. Dans le cadre de la révision du schéma directeur, il est prévu la mise en réseau séparatif de certains secteurs et la construction de stations de dépollution des eaux pluviales sur ces secteurs dit « séparatifs ». Mais il faut garder à l'esprit que la création de réseaux séparatifs est parfois impossible du fait de la configuration urbaine.




Question n°10 de : EECKHOUT Jean-Marie-  78700 CONFLANS STE HONORINE - le 17/09/2007
Propreté de la Seine et l'Oise.

Salutations distinguées.

Réponse  SIAAP 24/09/2007
En remarque préliminaire, toutes les stations d’épuration du SIAAP rejettent leurs eaux dans la Seine ou la Marne et n’influent pas sur la qualité de l’Oise.

Votre question aborde plusieurs aspects : l’aspect visuel, la qualité physicochimique et la qualité microbiologique du fleuve.

- Sur le plan visuel : le SIAAP a mis en place, depuis 1992, 25 barrages flottants destinés à retenir les déchets qui polluent visuellement la surface de l’eau. Ce sont de véritables pièges à bouteilles, sacs, cageots…. 1600 tonnes de déchets sont ainsi évacuées chaque année.

- Sur le plan physico-chimique : la mission principale du Siaap est la reconquête de la qualité de l’eau du fleuve. Pour atteindre cet objectif, les usines du Siaap (5 aujourd'hui) atteignent un haut de niveau de qualité des rejets d'eaux traitées dans la Seine et la Marne. La station d’épuration Seine aval est la plus ancienne usine du Siaap. Au fil du temps elle a été modernisée pour améliorer ses performances. Dernièrement, on peut citer, en 2000 l'unité de traitement des pollutions phosphatées (contenues par exemple dans les lessives) et en juin dernier, l'unité de traitement des pollutions azotées (contenues principalement dans les urines).
L'amélioration de la qualité du fleuve s'apprécie par le nombre d'espèce de poissons que l'on peut y trouver. Pour la Seine le résultat est sans appel, depuis 2004, on recense 29 espèces contre 3 seulement en 1970 !
Avec le projet de refonte, le Siaap va plus loin. Un des objectifs visés par cette refonte est d’atteindre un bon état écologique des eaux et de respecter la réglementation européenne qui s’est particulièrement renforcée ces dernières années.

- Sur le plan microbiologique : La qualité microbiologique d’une eau dépolluée rejetée en Seine dépend fortement de la qualité du traitement mise en œuvre. Les traitements qui ont été développés ces dernières années sont de plus en plus poussés et permettent d’atteindre des rendements d’élimination de 99% à 99,9% de la contamination microbiologique et de ne pas dégrader la qualité microbiologique de la Seine par temps sec. Les équipements prévus dans le cadre de la refonte d’Achères amélioreront encore ces performances. Il faut néanmoins que vous sachiez que la Seine n’est pas baignable avant Paris à cause de sa médiocre qualité bactériologique et que les eaux qui ruissellent par temps de pluie sont aussi responsables d’une forte dégradation passagère.

Question n°12 de : ESTRADE Gilles-  95220 HERBLAY - le 14/09/2007
Quelles sont les mesures prévues à l'avenir, pour résoudre les problèmes bacterologiques liés à la concentration sur un seul point de l'évacuation des affluents vers la Seine ?

Réponse  SIAAP 25/09/2007
Il est tout d'abord important d'identifier les facteurs contribuant à la pollution bactériologique de l'eau de Seine puisque les solutions à mettre en oeuvre pour la limiter en découlent.

La contamination bactériologique de l'eau de Seine peut être, entre autre, influencée par les eaux de lessivage des sols, les rejets de certaines stations d'épuration, les rejets d'eaux partiellement traitées ou non traitées lors de forts événements de temps de pluie.

Actuellement, au SIAAP, les rejets d'eau traitées sur nos usines lors de pluies sont peu responsables de la contamination bactériologique de la Seine. En effet, les nouvelles usines construites et la modernisation des usines existantes, comme c'est le cas à Achères, permettent de rejetter des eaux ne contenant en moyenne pas plus de bactéries que l'eau de Seine en amont de ces rejets. La concentration du rejet en un seul point n'a donc pas d'importance.
Les rejets d'eau non traitée ou partiellement traitées lors de fortes pluies peuvent contribuer à la dégradation ponctuelle (non durable) de la qualité bactériologique de l'eau de Seine en aval de ces rejets. Sur ce point, les choses s'améliorent progressivement. Le SIAAP et les Conseils Géneraux des départements de la petite couronne, construisent des ouvrages de stockage des eaux. Ces ouvrages permettent la rétention d'eau non traitée en cas de fortes pluies. Ces eaux sont ensuite délestées progressivement sur les stations d'épuration puis traitées avant leur rejet. Bien sûr, ces aménagements représentent un coût pour la collectivité.

Question n°34 de : PATTE Elisabeth-  78570 ANDRESY - le 10/07/2007
Comment concilier les objectifs de rentabilité et écologiques ? Comment préserver l'aspect sauvage des berges et protéger la flore et faune originaire, la biodiversité ? Quel est l'impact de Seine aval sur la Seine ? Quels sont les rôles de Seine aval dans le P.P.R.I. - Plan Prévention Risques Inondation Local ?

Réponse  SIAAP 25/09/2007
Le SIAAP étant un établissement public administratif local, il n'a pas, contrairement à une entreprise privée, à être rentable. En revanche, son budget doit être à l'équilibre. Concernant les objectifs environnementaux, chaque usine d'épuration des eaux usées urbaines est en elle-même un outil de protection de la nature, de l'environnement et de la santé des usagers. Elle vise à restituer au fleuve une eau la mieux dépolluée possible. Aujourd'hui, le bassin de la Seine abrite 29 espèces de poissons contre 3 seulement en 1970. En épurant les eaux usées des Franciliens, en plaçant des barrages flottants sur le fleuve et des points d'oxygénation dedans, le Siaap participe ainsi au renouveau de la biodiversité.

Le raménagement des berges, récemment réalisé au droit du nouveau parc Albert Marquet, témoigne d'un travail de réhabilitation qui combine la végétalisation de la berge avec des dispositifs de protection contre l'érosion liée à l'écoulement du fleuve et à l'impact de la navigation.

Le nouveau canal de rejet paysager et les mouvements de terrain réalisés au sein des 45 hectares du Parc Albert Marquet correspondent au souci de préserver l'expansion, progressive, des crues de la Seine. Si l'implantation de nouveaux ouvrages le nécessitait, le même travail de compensation serait alors effectué, conformément aux règles du PPRI.

Question n°86 de : MARC Daniel-  78700 CONFLANS STE HONORINE - le 03/10/2007
Pour contrer la prolifération des moustiques, des rampes de pulvérisation d'insecticide ont été installées où les eaux traitées sont déversées dans la Seine. Malheuresement beaucoup d'autre insectes sont éliminés par ce procédé. J'ai constaté une diminution importante des hirondelles, chauve souris et autre oiseaux se nourissant de ces insectes.

Pourquoi choisir une action de destruction plutôt que de favoriser la nidification près de la Seine, mais aussi les batraciens qui habitent les friches du bord de Seine ?

Réponse  SIAAP 04/10/2007
Les rampes de pulvérisation installées sur les rejets en Seine ne servent pas à la projection d'insecticides, mais servent à pulvériser de l'eau afin de briser les mousses formées au sein de l'usine (en raison de la présence de détergents) et susceptible de partir en Seine.
Concernant votre rélexion sur le fait de favoriser l'écologie, le siaap est tout à fait en accord avec cette vision. Pour votre information, le parc paysager du site Seine Aval, dont les travaux se sont terminés au premier trimestre 2007, met en oeuvre cette idée. Le parc paysager Albert Marquet, inauguré en juillet dernier, renforce l'organisation écologique du site. Tel qu'il est conçu, son impact est favorable :
- aux mammifères
-sur l'avifaune : pour les espèces forestières et ubiquistes (présence d'arbres et d'arbustes) et les espèces dont le cycle biologique exploite l'interface terre/eau.
- sur les insectes.
- sur les amphibiens (présence de milieux aquatiques permanents et temporaires).
Concernant les moustiques, leur developpement doit être limité :
- en raison des périodes de débordement (crues de la Seine)
- ainsi que comme vous l'aurez compris en raison de la composition floristique et présence de plans d'eau qui contribuent au développement des prédateurs du moustique (présence de poissons, tritons, oiseaux, insectes).

Question n°102 de : GIANNI Patrick-  75020 PARIS - le 05/10/2007
Je pense que la Seine a besoin d'être épurée afin d'éviter la pollution et la mort des poissons, eaux sales, bassin de décantation, d'épuration.

Réponse  SIAAP 05/10/2007
Une remarque préliminaire pour comprendre le rôle du Siaap. Le Siaap n'épure pas l'eau de Seine. Le Siaap épure les eaux usées de plus de 8 millions de Franciliens, dont celles de 5,62 millions d'habitants dans trois de ses usines : Seine aval dont il est question dans ce débat public, Seine Grésillons qui vient d'être mise en service à Triel sur Seine et Seine Centre qui fonctionne depuis 1998. Sans épuration, comme c'était le cas jusqu'à la mise en service de la première unité de traitement de Seine aval en 1940, les eaux usées allaient directement dans la Seine ou étaient épandues sur des champs agricoles. Les stations d'épuration permettent donc d'améliorer la qualité de la Seine.
L'un des indicateurs de cette amélioration est le retour dans le fleuve de poissons qui en avaient disparu. Ainsi, si on ne dénombrait que 3 espèces piscicoles en 1970 dans le bassin de la Seine, on en est désormais à 29. Certaines espèces dites "sensibles" comme le chabot et la bouvière, car elles sont fortement dépendantes de la qualité de l'eau de rivière, sont revenues et frayent désormais à côté des autres. 10 saumons sauvages et 15 truites de mer ont même été repérées au mois d'octobre au niveau de l'écluse de Poses dans le département de l'Eure. C'est la première fois que ces espèces sont identifiées aussi près de Paris. Aujourd'hui, dans le cadre de la refonte qui vise à se conformer aux objectifs de qualité de l'eau de rivière définis par la Directive cadre sur l'eau (adoptée en 2000, à échéance finale 2015), le Siaap va améliorer ses traitements, pour l'environnement, et son site, pour les riverains, tout en conservant un niveau très fort de sécurité dans les opérations qu'effectuent ses agents au quotidien.
Toutefois, il est toujours préférable de traiter une pollution à la source, et non une fois qu'elle est mélangée à d'autres dans un bassin de station d'épuration. C'est pourquoi le Siaap travaille avec ses partenaires institutionnels (Agence de l'eau, Etat, ...) et les collectivités territoriales (départements) à mettre en place des solutions de proximité voire de rétention in situ, par exemple pour l'assainissement des eaux pluviales. Ceci est la base même d'un développement durable et soutenable.

Question n°113 de : LERAILLE Jacques-  60240 VILLETERTRE - le 11/10/2007
Qualité de la Seine

A chaque réunion, le directeur de la recherche et du développement commente une courbe avant et après de la qualité de l’eau de la Seine.

Avant, c’est terrible : une courbe rouge (Ammonium) qui monte jusqu’à 10mg par litre, "c’est embêtant l’ammonium en se transformant consomme de l’oxygène.". Et le problème c’est que les poissons ont besoin de cet oxygène pour vivre.

Après la refonte tout va bien la courbe rouge reste au plancher, pas plus d’ammonium avant et après la station.

Peut-être n’ai-je pas été assez attentif ?
J’avoue ne pas avoir bien compris – Je sais faire de telles courbes sous Excel mais sur quelle base repose ces chiffres… Pouvons-nous avoir plus d’éléments pour expliquer sur quoi repose cette démonstration ?

La santé des poissons ?

D’autre part, si on peut se réjouir de revoir des poissons dans la Seine, y a-t-il des analyses effectuées sur les différentes espèces de poissons?

En effet l’actualité concernant le Rhône, et qui s’étend maintenant à de nombreux autres cours d’eau montrent qu’il ne suffit pas de voir les poissons pour garantir la qualité de l’eau.

A la place de l’éleveur de vers, je resterais méfiant.

Réponse  SIAAP 11/10/2007
1-Effectivement le problème de l’ammonium est un problème grave que nous avons à traiter sur nos stations d’épuration et il n’est pas évident d’en apprécier l’importance, notamment lorsqu’il s’agit de son impact sur les fleuves ou toute autre eau de surface. Aussi, il me semble indispensable de vous préciser quelques notions qui, je le souhaite, vous faciliteront la compréhension de ce qui vous a été exposé.

Origine de l’ammonium
Tout d’abord, un rappel sur l’origine de la présence d’ammonium dans les eaux usées. Nous prenons tous plusieurs repas par jour et, parmi les aliments que nous consommons il y a de la viande, du lait, des fromages. Ces aliments sont pour nous une source de protéines, indispensables à notre métabolisme. Ces protéines ont la caractéristique d’être riches en azote. Notre organisme ne prélève qu’une petite partie de cet azote pour ses besoins et nous en rejetons un large excédent. Cet azote est excrété par les urines sous forme d’azote organique qui sera transformé en azote ammoniacal lors du transport dans les réseaux d’égouts. Un habitant rejette entre 10 et 15g d’azote par jour dans les eaux usées.

Pourquoi faut-il traiter l’azote ammoniacal sur les stations d’épuration ?
S’il n’est pas prévu de traitement spécifique de l’azote ammoniacal sur les stations d’épuration, celui-ci est rejeté dans la rivière. Or il se trouve que dans la rivière il y a, de façon tout à fait naturelle, des bactéries qui consomment l’azote ammoniacal et le transforment en nitrates. Pour cela, elles ont besoin d’oxygène dissous. Elles consomment donc l’oxygène dissous de la rivière à un point tel que celui peut disparaître. Comme vous le savez, une rivière désoxygénée est une rivière malade qui ne présente pas une qualité d’eau susceptible d’accueillir une vie diversifiée, avec notamment une disparition des poissons les plus sensibles. D’autre part l’azote ammoniacal à trop forte concentration peut être toxique pour les poissons et gêne la production d’eau potable.

Les courbes présentées
Il se trouve que toutes les stations d’épuration construites par le SIAAP, principalement en amont de la station d’épuration d’Achères, traitent l’azote ammoniacal essentiellement parce qu’elles sont récentes. C’est la raison pour laquelle, sur la courbe rouge qui vous a été présentée, la Seine ne contient que très peu d’azote ammoniacal avant Achères. Cette station d’épuration, qui est la plus ancienne de la région parisienne, ne traitait pas jusqu’à cet été l’azote ammoniacal. Compte tenu du nombre d’habitants qu’elle dessert et de la quantité d’azote rejeté par habitant, elle en rejetait jusque 90 tonnes par jour. Cet apport dilué par la Seine pouvait conduire à des concentrations allant jusque 10 mg/l dans l’eau de Seine après Achères. Je dis bien « pouvait conduire » car nous prenons toujours comme référence les situations les plus pénalisantes, c'est-à-dire les périodes d’étiage les plus sévères de la Seine. C’est la raison pour laquelle, le graphe qui vous a été présenté indiquait une concentration de 10 mg/l d’azote ammoniacal après Achères en 2006.
En fait, les courbes qui vous ont été présentées sont des résultats de simulation de la qualité de la Seine établis grâce à un modèle de simulation de la qualité de la Seine, PROSE, mis au point par une équipe du CNRS dans le cadre d’un programme nommé PIREN Seine (Programme interdisciplinaire de recherche environnemental sur la Seine). Les courbes présentées reposent donc sur un véritable outil scientifique. Le modèle PROSE sert à établir les études d’impact sur la qualité de la Seine lors de tous les aménagements prévus au schéma directeur d’assainissement de l’agglomération parisienne. Ce modèle n’est cependant pas notre seule base de travail. Nous effectuons régulièrement des analyses de l’eau de Seine, à raison d’une fois par semaine, qui confirment les résultats du modèle.
La deuxième courbe rouge (qui reste « au plancher ») indique les résultats du modèle lorsque la nitrification sera totale, en 2015, et conforme à la réglementation tel que c’est prévu dans le programme de la refonte d’Achères. Il s’agit là aussi d’un résultat de la modélisation. En fait, ce résultat sera atteint en deux étapes. La première de ces étapes est déjà une réalité puisqu’au cours de l’été 2007, nous avons mis en service, sur la station d’épuration d’Achères, une étape de nitrification. Celle-ci n’est cependant pas suffisante pour atteindre les objectifs de qualité dans le fleuve fixés par les directives européennes. La deuxième étape sera franchie lorsque les travaux prévus dans le cadre de la refonte d’Achères seront réalisés.

2-Depuis 1990, le SIAAP commande au Conseil Supérieur de la Pêche (devenu ONEMA en 2007) un suivi annuel de la population piscicole en amont et en aval de l’agglomération parisienne. Depuis 2000, une partie des poissons pêchés à cette occasion est prélevée pour analyse des micropolluants dans les chairs. Les micropolluants recherchés dans les chairs des anguilles et des gardons sont le zinc, le mercure, les pesticides et les PCB totaux indicateurs. Ces deux espèces de poissons ont été retenues car elles présentent des régimes alimentaires et des caractéristiques différents. Les anguilles sont des poissons gras qui se nourrissent dans les sédiments, ce qui favorise la bioaccumulation des micropolluants organiques. A contrario, les gardons se nourrissent dans la colonne d'eau, et non pas dans les sédiments, de crustacés, algues et mollusques, des aliments moins contaminées que les sédiments.
Vis-à-vis de la contamination générale, les teneurs en micropolluants dans les chairs de poissons de la Seine et de la Marne sont logiquement supérieures aux valeurs de références, prises dans des zones du bassin de la Seine les moins contaminées, pour tous les paramètres à l’exception du zinc.
Vis-à-vis du risque sanitaire, le seul dépassement réglementaire concerne les DDT totaux (arrêté du 5/12/94) dans les anguilles de Gournay sur Marne. Les DDT sont des pesticides organochlorés interdits dans les pays industrialisés dès le début des années 1970. Tous les autres poissons (anguilles et gardons) pêchés en 2006 sur les quatre stations de suivi répondent aux normes sanitaires Françaises et Européennes relatives aux concentrations en micropolluants dans les chairs. Les anguilles sont toujours plus contaminées que les gardons.
Les PCB, des polychlorobiphényles, sont plus connus sous le nom de pyralène. Parmi eux, certains sont dits PCB apparentés aux dioxines. Les PCB ont beaucoup été utilisé entre les années 30 et les années 80 pour leurs qualités d'isolants électriques et de lubrifiants. Leur utilisation et vente sont désormais interdites. Vu qu'ils se dégradent très lentement, on les retrouve dans les eaux. Jusque récemment, ils n’étaient pas réglementés dans les chairs de poissons. Cependant depuis le 3 février 2006, ceux-ci sont soumis au règlement européen n°199/2006 qui fixe leurs teneurs maximales dans les chairs de poissons en raison de leur toxicité. Dans l’environnement, les PCB apparentés aux dioxines sont en concentration beaucoup plus faibles que les PCB totaux et les analyses en sont délicates. Ces analyses sont en cours de réalisation sur les dernières pêches effectuées au printemps 2007.

Question n°122 de : DE FOUCAULT -  95220 HERBLAY - le 15/10/2007
Dans vos documents, vous parlez de " légère coloration brun-jaune qui absorbe la lumière naturelle " or quand nous faisons du ski nautique sur le plan de vitesse et que nous tombons, l'eau est TRES noire et sent TRES mauvais. Y-a-t-il encore des bactéries présentant un danger ?

Réponse  SIAAP 18/10/2007
Couleur et odeur de l’eau

Depuis l’été 2007, une modification capitale, tant pour nous, que pour les riverains que pour la Seine, est intervenue dans le procédé de traitement des eaux de la station d’épuration d’Achères. Il s’agit de la mise en route d’une unité de nitrification des eaux dont le rôle est de traiter la pollution azotée des eaux usées, mais aussi de mieux retenir les matières en suspension, c'est-à-dire de restituer à la rivière une eau moins trouble. Une autre modification essentielle a aussi été apportée : Il s’agit du nouveau canal de rejet unique des eaux traitées dont la présence ne vous a pas échappée. Auparavant, les eaux de la station rejoignaient la Seine par plusieurs canaux. A présent, ils ne fonctionnent plus et toutes les eaux dépolluées de la station sont rejetées en Seine par le nouveau chenal après avoir subi le nouveau traitement de nitrification. Nous traitons donc mieux les eaux qu’auparavant et nous les rejetons en un seul endroit : le nouveau chenal.

Pourquoi les eaux sont-elles noires alors qu’elles ne le paraissaient pas avant ?

La couleur d’une eau dépend de plusieurs choses : la luminosité ambiante, les matières en suspension et la couleur intrinsèque de l’eau débarrassée de ses matières en suspension :

- la luminosité ambiante: elle n’intervient que peu dans le problème de couleur qui nous préoccupe. Tout au plus les eaux paraissent plus noires en contraste lorsqu’il fait beau.

- la présence de matière en suspension : vous avez sans doute déjà remarqué que la Seine, avant le rejet d’Achères, peut avoir des couleurs différentes. Elle est parfois très verte en été. Cela est dû à des algues microscopiques qui parfois se développent. Elle est parfois brune, en hiver lors de crues. Cela est dû aux argiles qui sont lessivées des champs cultivés dont les terres restent à nu durant l’hiver. Algues et argiles sont des matières en suspension qui rendent les eaux troubles et confèrent aux eaux leurs couleurs. Il en va de même avec les rejets de station d’épuration. Avant la mise en service de l’unité de traitement des pollutions azotées en juin dernier, les eaux rejetées contenaient encore des matières en suspension dont la coloration est brun clair. Les eaux étaient peu transparentes et présentaient la même couleur que celle des matières en suspension c'est-à-dire brun clair.
Depuis la mise en service de cette nouvelle unité qui traite donc une nouvelle pollution, les eaux rejetées par l'usine Seine aval contiennent beaucoup moins de matières en suspension, sa couleur apparente s’en trouve donc modifiée. Elle laisse apparaître sa couleur intrinsèque. Cette couleur est légèrement brun jaune. Vous pouvez vous-même le constater en en prélevant dans un flacon.

Si elle est brun jaune brun dans un flacon, pourquoi parait-elle noire lorsqu’on regarde le canal de rejet ?
Avez-vous déjà observé une mare dans une forêt ? Ses eaux reçoivent des végétaux qui se décomposent et le stade final de leur décomposition aboutit à la formation des acides humiques qui sont un constituant essentiel des sols. Les eaux de la mare, bien que limpides et légèrement brun jaune dans un flacon, paraissent noires. Il se passe les mêmes processus microniologiques dans les stations d’épuration. Une des fonctions des stations d’épuration est de décomposer (on dit aussi oxyder) la matière organique. Et un des produits de cette décomposition sont les acides humiques qui donnent aux eaux cette légère coloration brun jaune. Une des particularités des acides humiques est d’absorber la lumière. Si l’épaisseur de l’eau est faible, comme dans un flacon, une faible quantité de lumière est absorbée. Si l’épaisseur est grande, comme dans le canal de rejet, toute la lumière est absorbée, et si toute la lumière est absorbée la couleur apparente ne peut que noire. C’est la raison laquelle, paradoxalement, les eaux paraissent noires. Autrement dit : plus une eau est bien épurée, plus elle paraîtra noire.

Je dois toutefois apporter une précision concernant le mode de traitement des boues actuel. Nous traitons les boues par voie thermique depuis 1970, c'est-à-dire que nous les cuisons à forte température pour pouvoir les déshydrater, c'est-à-dire éliminer l’eau qu’elles contiennent. Cette eau retourne sur la station pour y être traitée. Ce traitement thermique accentue la coloration de l’eau. Dans le cadre de la refonte d’Achères, il est prévu de supprimer ce traitement thermique des boues. Cela aura pour effet d’atténuer la coloration de l’eau, mais ne pourra en aucun la supprimer.

Un autre point concernant les odeurs de l’eau. C’est le traitement thermique de boues qui donnent à l’eau cette odeur désagréable que vous mentionnez. C’est un point qui sera nettement amélioré lors de la rénovation du traitement des boues prévue dans le cadre de la refonte d’Achères.

Bactéries
Les procédés d’épuration, comme ceux mis en œuvre à Achères, permettent de diviser par mille la quantité de bactéries initialement contenues dans les eaux usées. Bien qu’elle soit importante, cette réduction est nettement insuffisante pour en faire une eau de baignade (au sens de la réglementation) et exempte de danger vis-à-vis du risque sanitaire (notamment pour les personnes âgées, les personnes malades et les enfants). Sur les stations d’épuration, tout est fait pour éviter aux agents un contact direct avec l’eau usée. Ils sont d’ailleurs équipés de protection personnelle pour limiter ce contact : gants, lunettes, vêtements de travail étanche si nécessaire. D’autre part, les agents susceptibles d’entrer en contact avec les eaux usées ont leur vaccination à jour, en particulier contre l’hépatite et la leptospirose qui est une maladie grave transmise par l’urine des rats. Les protections mises en place pour les agents sont évidemment plus poussées puisqu'ils travaillent au contact des eaux usées en cours de traitement.

Question n°202 de : CHEVIGNY Françoise-  95530 LA FRETTE SUR SEINE - le 23/11/2007
Où peut-on trouver les bilans environnementaux et les indices de qualité d'eau en sortie Seine Aval ?

Réponse  SIAAP 05/12/2007
Sur le site internet du SIAAP (www.siaap.fr), vous disposez des bilans hebdomadaires des usines du SIAAP, dont Seine aval. S'y trouvent l'information relative au débit ainsi que les rendements en matières carbonées, azotées et phosphorées. C'est une information "grand public" mais qui reprend le cadre réglementaire, puisque notre arrêté de rejet impose des concentrations à ne pas dépasser ou des rendements d'élimination minimum à réaliser. En 2008, la collaboration avec l'Agence de l'eau, la police de l'eau et les responsables d'assainissement permettra de disposer d'une base de données commune aux acteurs du traitement de l'eau. Cette base de données, également accessible aux particuliers, permettra quotidiennement de donner une information sur les performances des usines à l'échelle régionale ainsi que nationale.

Question n°225 de : AUDIFFRET Jean-Pierre-  92500 RUEIL-MALMAISON - le 17/12/2007
Malgré l'augmentation des rejets d'eau sale dans la Seine, la qualité de son eau semble s'améliorer et la nature reprend ses droits (poissons, volatils, algues...).

Quand pourrons-nous espérer une eau suffisante pour s'y baigner ?

Réponse  SIAAP 17/12/2007

Oui, la qualité de l’eau de la Seine s’améliore et, comme vous le dites, la nature reprend ses droits et nous en sommes heureux car cet objectif est notre raison d’être.

Cela a été possible grâce aux travaux d’assainissement et aux stations d’épuration des eaux usées car la raison d’être des stations d’épuration est la reconquête de la qualité physico chimique de l’eau du fleuve. Mais ce faisant la qualité bactériologique des eaux épurées s’en trouve grandement améliorée. En effet, la qualité bactériologique d’une eau épurée rejetée en Seine dépend fortement de la qualité du traitement mise en œuvre. Les traitements de plus en plus poussés mis en œuvre ces dernières années sur les stations du SIAAP permettent d’atteindre des rendements d’élimination de 99% à 99,9% de la contamination microbiologique et de ne pas dégrader la qualité bactériologique de la Seine par temps sec. Les équipements prévus dans le cadre de la refonte d’Achères amélioreront encore ces performances. Cependant ce niveau de performances n’est pas suffisant pour en faire une eau de qualité bactériologique acceptable pour la baignade. Qu’à cela ne tienne, pourrions-nous dire, les moyens techniques existent, construisons une unité de désinfection en aval des rejets de stations d’épuration!

Seulement, cela ne sera pas suffisant car le problème de la contamination bactériologique des eaux d’une rivière est complexe car les origines de la contamination bactériologique sont diffuses. Il est d’autant plus complexe que l’agglomération parisienne est importante (12 millions d’habitants) et que la Seine est finalement un fleuve de taille relativement modeste de par son débit, face à la population qui s’est concentrée sur ses rives (12 millions d’habitants en région parisienne).

Ainsi, les sources de contamination bactériologique de la Seine sont multiples. Si les rejets de stations d’épuration par temps sec y contribuent, ils ne constituent pas les seules sources de contamination. La contamination bactériologique de l'eau de Seine est, entre autres, influencée par les eaux de lessivage des sols, des chaussées, les multiples rejets d'eaux partiellement traitées ou non traitées lors de forts événements de temps de pluie. C’est la multiplicité de ces rejets qui ne sont pas interceptés ni traités qui sont sources de problèmes. Ils contribuent donc à la dégradation ponctuelle (non durable) de la qualité bactériologique de l'eau de Seine en aval de ces rejets. C’est sur ce point que nous concentrons en priorité nos efforts. Les choses s'améliorent progressivement. Le SIAAP et les Conseils Généraux des départements de la petite couronne, construisent des ouvrages de stockage des eaux. Ces ouvrages permettent la rétention d'eau non traitée en cas de fortes pluies. Ces eaux seront ensuite délestées progressivement sur les stations d'épuration puis traitées avant leur rejet. Bien sûr, ces aménagements, prévus au schéma d’assainissement de la région parisienne, représentent un coût pour la collectivité.
De plus, il faut que vous sachiez que la Seine n’est pas baignable dès avant Paris à cause de sa médiocre qualité bactériologique. Ce qui signifie que la contamination bactériologique de la Seine n’est pas un problème strictement parisien mais qu’il doit être appréhendé au niveau du bassin versant.

Ainsi la qualité physico chimique de l’eau de Seine s’améliore et progressera encore avec la refonte d’Achères. Elle s’améliore aussi sur le plan de la qualité bactériologique car nous traitons de plus en plus d’eaux et progressera encore dans les prochaines années grâce aux travaux prévus et en cours. Cependant, la reconquête par la qualité bactériologique sera de longue et nécessitera des engagements politiques forts. Il ne nous est pas possible actuellement de nous engager sur une échéance au terme de laquelle il nous sera possible de nous baigner dans la Seine.