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Question n°53

Des hydroliennes pour limiter la surface impactée ?

Ajouté par Jean-Marc LECUONA (Porcelette), le
[Origine : Débat mobile]

Je suis opposé parce que ça nuit au site et à la région (pêche, tourisme).

Est-ce que des hydroliennes ne permettraient-elles pas de limiter l'étendue de la surface impactée ?

[Cet avis a été récolté sur papier au cours du débat mobile du 23 mai 2015 à la Foire aux moules du Tréport]

Date de la réponse:
Réponse de Eoliennes en mer Dieppe - Le Tréport (maître d'ouvrage), le
Réponse:

Bonjour,

La technologie hydrolienne repose sur une turbine sous-marine qui utilise l’énergie des courants marins pour produire de l’électricité tout comme une éolienne utilise l’énergie du vent. Prometteuse, cette technologie n’est pas encore prête pour une exploitation industrielle ou une exploitation à but commercial.

Les premiers projets pilotes sont en cours de lancement, comme celui remporté en 2014 par ENGIE (anciennement GDF Suez), l’un des actionnaires de la société de projet Eoliennes en mer de Dieppe-Le Tréport, sur le site du Raz Blanchard, au large du Cotentin.[1] Ces projets pilotes sont une étape indispensable pour confirmer la viabilité technico-économique de la filière avant son développement à une plus grande échelle.

L’éolien en mer reste aujourd’hui l’énergie marine renouvelable la plus mature. 2488 turbines sont actuellement installées et connectées au réseau en Europe, générant une capacité totale de 8045,3 MW dans 74 parcs éoliens répartis dans 11 pays européens différents.[2]

Il est important de souligner également que les énergies renouvelables sont dépendantes des gisements qu’elles exploitent (vent, solaire, courants,…).  Les zones de forts courants (propices pour l’implantation d’hydroliennes) n’étant pas les mêmes que celles propices à l’implantation d’éoliennes (forts vents, faibles courants), il existe une incompatibilité de cohabitation inhérente aux différents gisements. En France, seuls deux gisements ont pour l’instant été identifiés : une zone au large du Raz Blanchard et une au passage du Fromveur entre Brest et Ouessant. La zone au large de Dieppe-Le Tréport ne présente pas une vitesse de courant suffisante.

- Concernant l’impact sur la pêche

Le maître d’ouvrage a travaillé en concertation avec les acteurs de la pêche à une optimisation de la configuration du parc afin de minimiser son impact sur les activités de pêche.

Plusieurs mesures ont été retenues dans ce sens, pour l’élaboration du projet :

  • la réduction du nombre d’éoliennes grâce au choix d’une éolienne de très grande puissance,
  • l’aménagement des couloirs de pêche d’une largeur de 950 m au sein du parc,
  • l’alignement des éoliennes dans le sens des courants dominants,
  • l’évitement de la zone des Ridens de Dieppe,
  • L’évitement de la zone centrale dite du « Creux », particulièrement riche en ressource halieutique,
  • L’ensouillage des câbles inter-éoliennes pour limiter le risque de croche des navires de pêche au sein du parc.

Vous trouverez l’essentiel des informations sur ce sujet pages 40-41 du dossier du maître d’ouvrage, en ligne sur le site du débat public.

- Concernant le tourisme

Les retours d’expérience[3] issus des parcs éoliens en mer européens montrent plutôt une tendance à un impact neutre voire positif de ces projets sur l’économie touristique locale.

Une étude de l’impact socio-économique du projet est actuellement en cours et sera remise aux services de l’Etat en décembre 2016, conformément au cahier des charges de l’appel d’offres. L’objectif de cette étude est d’évaluer les effets du projet sur le tourisme (fréquentation, évolution des typologies de touristes, métiers du tourisme).

Au-delà de l’analyse des effets du parc entreprise dans l’étude d’impact socio-économique, le maître d’ouvrage envisage déjà d’accompagner les initiatives répondant à l’intérêt croissant du public pour les énergies renouvelables et l’exploitation des parcs éoliens en mer. 

Le maître d’ouvrage a ainsi pour ambition d’intégrer le projet de parc éolien dans l’offre touristique du territoire normand-picard en s’associant à des événements et structures existants et de l’enrichir en participant à la valorisation touristique du parc.

Après échanges avec les acteurs du tourisme sur le littoral, le maître d’ouvrage a proposé la mise en œuvre de mesures spécifiques aux activités de tourisme dont :

  • Un accompagnement à la création d’une Maison du Nautisme et de l’Eolien en Mer ;
  • Un accompagnement à la création d’activités touristiques en lien avec le développement durable et la mer ;
  • Une aide à la labellisation « Station Nautique » du littoral normand-picard ;
  • La participation à la création d’une offre touristique élaborée autour du parc éolien en mer (usines d’Adwen au Havre, balades en mer, expositions permanentes, …) 

Si le projet se réalise, ces mesures seront affinées et enrichies avec les acteurs locaux du tourisme pour assurer le développement de projets attractifs et adaptés pour les habitants et les touristes.

Nous nous tenons à votre disposition pour tout complément d'informations.