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QUESTION 1468 -
Posée par A.P.P.E.L.S, (LEROUVILLE), le 12/01/2014

Questions posées dans le cahier d'acteurs n°110 d'A.P.P.E.L.S : Le projet de Bure est critiqué par les pays voisins, n'est-ce pas le moment de mutualiser nos moyens? La géothermie semble présente dans le sous-sol de Bure, l'Andra répond par un communiué de presse. Peut-on réellement exploiter une telle ressource sans nuire à la solidité du stockage?

Réponse du 30/01/2014,

Réponse apportée par l’Andra, maître d’ouvrage : 
 
Le projet de Bure est critiqué par les pays voisins, n'est-ce pas le moment de mutualiser nos moyens ?
 
Concernant les déchets des pays voisins, il convient de rappeler tout d’abord qu’aucun déchet étranger ne sera stocké dans Cigéo. Depuis la loi de 1991, le Parlement a interdit le stockage en France de déchets radioactifs en provenance de l’étranger. Cette interdiction figure aujourd’hui à l’article L. 542-2 du Code de l’environnement. Cette législation est cohérente avec la directive européenne du 19 juillet 2011 établissant un cadre communautaire pour la gestion responsable et sûre des combustibles usés et des déchets radioactifs, qui réaffirme la responsabilité de chaque État dans la gestion de ses déchets radioactifs.

Cependant, l’Andra est fortement impliquée dans des coopérations internationales, notamment avec ses homologues étrangers, au travers de collaborations ou d’instances internationales. 24 accords de R&D existent actuellement entre l’Andra et des partenaires étrangers et, dans le cadre du VIIe PCRD (Programme cadre de recherche et développement) de l’Union européenne, l’Andra a participé à 14 programmes européens. Par ailleurs, en 2009, en considérant que, d’ici 2025, les premiers stockages géologiques pour les combustibles usés et les déchets HA-MAVL seront en exploitation en Europe, la Communauté européenne a souhaité créer la plateforme technologique IGD-TP (Implementing Geological Disposal of radioactive waste Technological Platform) pour mobiliser les meilleures compétences (19 pays impliqués) et organiser leur coopération.

La géothermie semble présente dans le sous-sol de Bure, l'Andra répond par un communiqué de presse. Peut-on réellement exploiter une telle ressource sans nuire à la solidité du stockage ?

Comme partout ailleurs en France, la géothermie dite de surface (qui permet d’alimenter des maisons individuelles et des immeubles collectifs ou tertiaires via des pompes à chaleur) est réalisable localement. L’exploitation de ces ressources en surface ne serait d’ailleurs pas incompatible avec Cigéo, même au droit des installations souterraines de Cigéo, qui seraient situées à 500 mètres de profondeur.

La géothermie profonde nécessite des investissements importants et est aujourd’hui mise en œuvre dans les zones avec à la fois des conditions géologiques favorables et des perspectives d’utilisation importante de la chaleur extraite. Concernant les conditions géologiques, un forage à 2000 mètres de profondeur dans les grès du Trias (Forage EST 433, Montiers-sur-Saulx) a été réalisé lors d’une campagne de reconnaissance menée en 2007-2008 afin de mesurer le potentiel du site. Les caractéristiques habituellement recherchées pour déterminer s’il existe un potentiel géothermique (salinité, température et productivité) ont été mesurées. Il en ressort que le sous-sol dans la zone étudiée pour l’implantation de Cigéo ne présente pas un caractère exceptionnel en tant que ressource potentielle pour une exploitation géothermique profonde. Dans son rapport n°4 de juin 2010, la CNE aboutit aux mêmes conclusions : « Le trias de la région de Bure ne représente pas une ressource géothermique potentielle attractive dans les conditions technologiques et économiques actuelles. »

Par précaution, l’Andra a tout de même envisagé que l’on puisse exploiter le sous-sol au niveau du stockage et qu’une intrusion puisse avoir lieu. Les analyses ont montré que même dans ce cas, le stockage conserverait de bonnes capacités de confinement. Comme dans le dossier 2005, l’Andra présentera dans le dossier de demande d’autorisation de création de tels scénarios d’intrusion, incluant des doublets de forage comme ceux pratiqués pour l’exploitation de la géothermie.

Enfin, même si le sous-sol de Bure ne présente aucun caractère exceptionnel, il est tout à fait possible de réaliser des projets de géothermie profonde dans la région en dehors de l’installation souterraine de Cigéo (qui serait implantée à l’intérieur d’une zone de 30 km²).

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