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Question n°263

Scénario 50% de nucléaire : on a oublié (occulté) un facteur important

Ajouté par Philippe ANONYMISé (Saint Ismier), le
[Origine : Site internet]

Nonobstant les différentes critiques émises par beaucoup d'intervenants, et auxquelles j'adhère à 100%, tant sur le plan faisabilité technique concernant l'intermittence (stockage, stabilité du réseau...)
que sur le plan de la pertinence de remplacer de l'énergie décarbonée par ... de l'énergie décarbonée, il me semble qu'un facteur important n'a pas été pris en compte (ou au minima, occulté) dans les différents scénarios proposés par RTE, NegaWatt... Dans ces scenarii, on nous annonce qu'on peut passer à 50% de nucléaire d'ici 2025 ou 2035. On nous affirme que techniquement c'est possible. Tout ceci est bien beau, mais question "a-t-on intégré le facteur humain", j'entends par là une certaine réticence des Français à l'installation d'éoliennes et autres panneaux solaires ? Le recours à des procédures administratives de la part de particuliers, ONG, etc... entraîne une augmentation sensible de la durée des projets (fait reconnu par RTE dans son dernier bilan annuel). Certes, les pouvoirs publics ont annoncé leur intention de simplifier les procédures mais cela réduira-t-il la durée des recours ?
Pour information, actuellement 3 projets d'éoliennes en mer sont en cours (Fécamp, Calvados, Saint Nazaire). Source https://www.edf-energies-nouvelles.com/developpement-projets/eolien-en-mer
Ces projets d'une puissance installée totale de 1500 MW ont été initiés en 2007 et devraient être mis en service en 2021 (avec 3 ans de retard) ! Soit une durée de 14 ans pour produire l'équivalent de ce que produit un réacteur nucléaire de 900 MW. L'analyse de ces projets montre qu'une partie non négligeable du retard est imputable au nombre important de recours contentieux. Est-ce-que les débats et conclusions de la PPE tiendront compte de ce paramètre pour revoir le planning des différents scénarios ? De mon point de vue, 2025 est irréaliste, 2035 est irréalisable.

Date de la réponse:
Réponse de La maîtrise d’ouvrage, le
Réponse:

Nous vous remercions pour cette contribution au débat.

 Les questions que vous soulevez, celle de l’appropriation des projets par les territoires et celle du rythme de développement font partie des questions que le Gouvernement se pose dans le cadre de la préparation de la PPE 2018. La réduction des délais de réalisation des projets constitue en effet un enjeu essentiel à l’atteinte de nos objectifs en termes de développement des énergies renouvelables.

 Le Gouvernement a ainsi lancé une démarche de concertation inédite visant à mettre autour de la table toutes les parties prenantes d’une filière pour identifier les mesures permettant de lever les freins à son développement.

 Les premiers travaux lancés sous ce format sur l’éolien ont permis de proposer en janvier 2018 des mesures permettant d’améliorer l’acceptabilité des projets sur le territoire (réduction des flashs nocturnes, financement participatif, intéressement fiscal des communes), de simplifier les procédures administratives de renouvellement des parcs, de mobiliser de nouveaux espaces jusque-là fermés à l’implantation d’éolienne (mobilisation du ministère des armées pour libérer des zones) et de réduire les délais de contentieux (suppression d’un niveau de recours administratif). Des démarches analogues ont été menées sur le solaire et la méthanisation.

 En parallèle, le Gouvernement a engagé des actions fortes pour accélérer sur les énergies marines, notamment l’éolien en mer posé et flottant, qui représentent un enjeu majeur pour la transition énergétique. Le Gouvernement a ainsi modernisé et simplifié le cadre réglementaire pour les prochains appels d’offres sur l’éolien en mer : il sera désormais possible d’organiser un débat public et la réalisation d’études techniques et environnementales en amont de l’appel d’offres. Le nouveau cadre donne également la possibilité au lauréat de l’appel d’offres de demander un « permis enveloppe » permettant d’intégrer des évolutions et d’adapter le projet, dans des limites définies, après avoir obtenu les autorisations. L'implication plus importante de l'Etat en amont des projets et leur flexibilité permet de mieux prendre en compte les attentes du public, de sécuriser leur réalisation, de bénéficier de toutes les avancées technologiques, de faciliter leur autorisation et d'accélérer leur développement.

 Dans ce contexte et afin de préparer les futurs débats publics, l’Etat a mené des concertations à l’échelle des façades maritimes, pour identifier des zones favorables au développement de nouveaux projets éoliens en mer. Pour chacune des 4 façades maritimes, un document stratégique de façade précisera les conditions de mise en œuvre de la stratégie nationale pour la mer et le littoral (SNML). Cette stratégie sera élaborée en fonction des spécificités locales (écologique, économique et sociale) et doit garantir la protection de l'environnement, résorber et prévenir les conflits d'usages et rechercher les synergies entre les acteurs. Des zones propices au développement de l’éolien en mer seront en particulier identifiées dans ce cadre.