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Avis n°293

Les scénarios RTE ne sont pas sécurisants

Ajouté par Serge ANONYMISé (Abondant), le
[Origine : Site internet]

RTE a publié, en 2017, 5 scénarios électriques. Un, jusqu'en 2025, qui relève de sa mission officielle d'éclairage du gouvernement et qui montre qu'il est très peu probable de respecter à la fois la baisse du parc nucléaire d'un tiers à cette échéance et la baisse des gaz à effet de serre émis en France. Puis quatre autres scénarios jusqu'en 2035, publiés en même temps mais pas de même nature, dont deux cités dans le DMO, qui sont des estimations de 4 trajectoires de consommation et de production électriques que RTE estime possibles mais qui sont non encadrantes pour la consommation.
Pour cela RTE fait toute une série d'hypothèses élaborées avec des parties prenantes qui ne sont pas citées dans le document publiés. Ces hypothèses pour la demande électrique ne sont pas toutes publiées et certaines sont très ambitieuses ou semblent relever de paris technologiques (cf. NB).
Il ne faut pas de dimensionner un parc de production énergétique sur la base d'hypothèses de demande sans marges, ce serait prendre un trop grand risque de goulot d'étranglement économique et d'empêchement pour une politique de réduction des inégalités et/ou de réindustrialisation, voire porter atteinte à la sécurité d'approvisionnement.
Ce n'est pas ce que semble faire EDF dans ses révisions, qui affiche pour 2040, sans non plus publier, une demande qui varierait dans une fourchette entre un scénario RTE et autours de 120 TWh de plus, ni le gouvernement (DGEC) qui prévoit, pour 2050, une demande électrique entre 500 et 650 TWh.
Pour la PPE, il n'est raisonnable de retenir un scénario RTE sec sans y ajouter des marges de sécurité d'approvisionnement.
NB :
L'hypothèse est faite dans les scénarios RTE que le rythme de 700 000 ou 500 000 logements par an fortement isolés (norme BBC) sera rapidement atteint alors que le bilan pour 2014 est de 109 000 logements isolés en très performant (pas forcément BBC) et 179 000 ayant permis d'accéder aux aides publiques (modifiées depuis car jugées insuffisantes), soit 288 000 logements au total et que les financements n'est pas assuré même pour les habitants les plus précaires.
Si on applique simplement les deux hypothèses de population et de véhicules électriques d'AMPERE à VOLT, il ne faudrait plus fermer que 3 réacteurs nucléaires au lieu de 9 dans VOLT sans compter les hypothèses ambitieuses de réduction électrique dans le bâtiment des deux scénarios.

Commentaires

Ce n'est pas 109 000 bâtiments qui sont mis aux normes basse consommation (BBC) par an mais 30 000 ! L'hypothèse selon laquelle on va rapidement passer à 500 000 / an (ou même 700 000) est irréaliste.

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Il est clairement indiqué dans les scénarios RTE que le risque de coupures d'électricité augmente si l'on ferme des réacteurs nucléaires pilotables en les remplaçant par des sources dont la production dépend du vent et du soleil.

" sur les 1000 cas simulés, 44% présentent au moins une heure de défaillance et 5% contiennent plus de 10h de défaillance ».

Les éoliennes et panneaux photovoltaïques peuvent donc permettre de moins faire fonctionner les réacteurs nucléaires, mais pas de les fermer.
Les priorités sont d'isoler les logements et de décarboner les transports, pas de sous-utiliser les réacteurs nucléaires.

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