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Question n°287

Questions à l'ADEME - Cahier d'acteur N°15

Ajouté par Patrick ANONYMISé (VENELLES), le
[Origine : Site internet]

Est-ce que le Maître d'ouvrage pourrait demander à l'ADEME de justifier ses affirmations* ?

1) « Sans réduire fortement les consommations d'énergie, les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre apparaissent inatteignables. »
C'est vrai pour les énergies carbonées (en France : pétrole et gaz), mais pas pour l'électricité d'origine nucléaire et hydraulique. L'ADEME peut-elle justifier sa généralisation ?

2) « [un] mix énergétique couplant efficacité énergétique et développement des énergies renouvelables induira une augmentation visible de l'activité économique. »
Il est certain que tout désordre entraîne une augmentation d'activité, la question est : qui paye à qui, et pour quel résultat ? S'agissant des « énergies renouvelables » à base d'éolien et de photovoltaïque, il s'avère que le matériel est importé ; après la phase de montage, peu de personnel est requis pour le fonctionnement. Par contre, l'impact de la fin de vie des installations est rarement évoqué : embase restant dans le sol de quelque mille tonnes de béton par pied d'éolienne, énergie nécessaire pour recycler les panneaux PV. L'ADEME peut elle justifier la création de valeur pour la société française ?

3) " le déficit de la balance commerciale lié aux importations d'énergie pourrait être réduit de 60% en 2035. "
Effectivement, pour accompagner la forte diminution de la consommation, il suffira de ne plus importer de pétrole (sauf sans doute pour les transports aériens) ni de gaz (pour le chauffage). La société française pourra-t-elle se serrer la ceinture sans compenser par une forte augmentation de la consommation d'électricité d'origine nucléaire ?

4) " 50% de l'énergie consommée l'est pour un usage de la chaleur "
Il faut donc favoriser des énergies renouvelables thermiques ; au lieu de cela, le texte rabâche « éolien et photovoltaïque pour l'électricité » ce qui n'est d'aucune efficacité en termes de décarbonation ! Il faudrait donc réorienter le solaire vers du thermique stockable et l'éolien vers de la production d'hydrogène, ce qui nécessitera beaucoup d'études et de développements, et ne sera pas opérationnel avant 2050. Comment l'ADEME prévoit-elle la transition ?

5) " Les coûts de production photovoltaïque et éolien terrestre devraient encore baisser jusqu'à atteindre environ 50 €/MWh en 2030"
Ces coûts sont partiels, puisqu'ils n'incluent pas l'impact de l'intermittence (pratiquement, l'Allemagne a gardé sa puissance de production carbonée pour suppléer aux périodes de manque de production renouvelable). En outre, les énergies intermittentes imposent de renforcer le réseau en multipliant les lignes à haute tension. Au total, il faudrait multiplier par 3 la valeur annoncée par l'ADEME pour obtenir un coût complet, ce qui est gigantesque pour un gain nul en décarbonation dans le cas de la France.
Autre façon de poser la question : l'ADEME peut-elle justifier des coûts de production de 50 €/MWh, alors que l'Allemagne est parfois obligée de vendre son électricité renouvelable à prix négatif ?

* Voir le cahier d'acteur n°15

Date de la réponse:
Réponse de La maîtrise d’ouvrage, le
Réponse:

Nous vous remercions pour votre contribution au débat. Cette question fait appel à des connaissances qui sont du ressort de l'ADEME, elle va donc lui être transmise.

 

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Réponse de l'ADEME en date du 15 juin :

L'ADEME a publié ce document en réponse aux critiques qui lui sont faites.

Commentaires

L'ADEME se plaint de l'agressivité des commentaires la concernant.
C'est toujours le résultat de l'incapacité à écouter des gens compétents dans leur domaine.
Combien de fois avons nous dit que le 100 % ENR en 2050 était rigoureusement impossible.
L'ademe a quand même fait le tour de France pour "vendre son étude". En général, pour les experts qui en ont démontré l'impossibilité, ce genre d'attitude confine au mépris et à la provocation. Un des deux ingénieurs promoteurs de cette étude a quitté l'ADEME pour aller à l'UFE où il écrit le contraire!
Et si beaucoup de commentaires sont agressifs, il serait bon que l'ADEME fasse l'analyse des causes: sur la RT 2012 par exemple, sur le développement outrancier de l'éolien et du PV, sur l'abandon des filières ENR thermiques utilisées directement sous forme de chaleur,etc.

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Du fait de leur intermittence aléatoire, éolien et solaire nécessitent de garder un parc de centrales classiques d'une puissance égale aux besoins en hiver à la pointe de 19h.

Sans éolien et solaire, on aurait les mêmes centrales classiques. Ce sont donc l'éolien et le solaire qui sont des moyens additionnels par rapport aux nécessités d'alimenter le réseau à tout instant. Donc c'est l'investissement en centrales classiques qui est un impératif.

Dès lors, il faut comparer le coût complet des ENR aléatoires au coût marginal des centrales classiques, puisque celles ci existeraient de toutes façons. Pour le nucléaire, ça doit être de l'ordre de 15 €/MWH.

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Contraint par le temps, je dois dire que la réponse de l’ADEME reste dans la lignée de ce qu’on lui reproche, comme le commentaire suivant est très négatif, je tiens à préciser que le travail de l’ADEME de collecte et de mise à disposition des données est remarquable:
Cependant son utilisation est parfois critiquable voici quelques éléments:
- Instrument de développement de la notion antinucléaire, alors que l’urgence pollution et climat n’est pas là pour la France
- sur les 150 Md€ engagés pour des décennies dans les ENRi notamment, et un résultat contre productif sur la pollution et le climat. En effet non seulement ces actions nous ruinent en faisant payer l’électricité décarbonée (nucléaire) et c’est un comble, mais fragilise le pays et EDF en particulier. Ces fonds sont essentiellement utilisés pour tuer le nucléaire, au profit du gaz….le solaire thermique tombé dans l’oubli, le fioul que l’on brule encore pour se chauffer…..
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La conséquence en est une désinformation du citoyen qui fait confiance aux organismes de l’Etat, jamais il n’a été dit, par ex, que la pollution de l’air et de l’eau tu 50000 personnes en France tous les ans le nucléaire zéro depuis 50 ans. Il est bien question des déchets mais de la combustion y compris du gaz.
Une fois de plus la réponse ne peu que nous inquiéter sur les objectifs réels de l’ADEME pour résumer : tuer le nucléaire au profit de la combustion. Car c’est le cas aujourd’hui.
Quelques remarques sur les points abordés.
- 1) J’ai réagi en son temps vigoureusement contre les scénarios utopistes de 100% renouvelable, truffé d’erreurs techniques notamment sur le comportement des installations nucléaires mais aussi sur la stabilité du réseau. Les Allemands l’ont prouvé le foisonnement entre Enri tant vanté par multitudes de simulations ne fonctionne pas à l’échelle de l’Europe, comme nous l’avions signalé en son temps, mais on continue….
- 2) La méthanisation présentée comme la panacée, en terme de stockage, très contreversé vis-à-vis des transferts de co² et ses origines, les lobbies du gaz à la manœuvre.
- Le cout des ENRi, la encore, bien sur qu’ils diminuent et c’est tant mieux, cependant ils ne participent pas aux contraintes du réseau qui sont reportées sur les autres productions de manière de plus en prégnante et couteuse (durée de vie et maintenance).
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- Là encore malgré toutes les remarques formulées, l’ADEME n’aborde pas sur le fond les problèmes d’intermittence. C’est majeur il a fallu encore se battre pour dénoncer la gabegie de l’offshore, enfin un peu en baisse de subvention, c’est de la spoliation de haut vol au bas mot 20Md€ à rajouter aux 150. Et 400 fois plus de place consommée, les raccordements mer payés par EDF…..et l’intermittence de 3000Mw envolée. Renforcer la limitation à 63GWgw de nucléaire, dans l’état actuel des technologies de stockage est une perte sèche pour la nation : Fessenheim 30Md€. Pour une production nécessiteuse
- L’ADEME ne convainc pas non plus dans la stabilité du réseau, il y a inertie certes des machines tournantes, mais il y a surtout que tous les moyens de production doivent participer instantanément à la variation de puissance (en plus ou en moins) proportionnellement à leur puissance ce que ne font pas les ENRi et qui génère un cout d’intégration largement sous estimé supporté par le réseau et les autres producteurs.
L’aspect social parlons ans : j’ai du mal à croire le développement de l’emploi non délocalisable, aux vues des projets importants tel que l’Offshore, et les centrales solaires (300Mw Bordeaux) qui a été monté à plus de 80% par des étrangers….y compris les matériels. L’intérêt reste la location !
Pourquoi subventionner encore les ENRi puisqu’elles sont compétitives, c’est qu’elles ne le sont pas.
L’aspect social est primordial l’ADEME par ces conseils encourage l’investissement subventionné qui finalement va rapporter aux classes les plus riches (Français et étrangers) aux détriment de la masse des consommateurs citoyens qui subira les taxes sur les produits énergétiques de première nécessité.
Les plus fragiles subirons aussi le désagrégement de la mutualisation voulue par les concepteur du réseau électrique et remis en cause par l’intermittence et l'Europe qui nous spolie.
Nous n’avons pas la même lecture du rapport de la cour des compte de RTE et ENEDIS contraint comme à pu le démontrer le débat initial. A l’horizon de la PPE il est clair qu’il devient urgent de réorienter les investissements vers autre chose que l’électricité pour minimiser au maximum la combustion, et ce n’est pas en défendant des critères ubuesques sur le bâtiment qu’on va y arriver, au cas ou vous l’aurez oublié un véhicule thermique c’est 70% de pertes fatales qui elles polluent.
Les pertes fatales du nucléaire sont écartées des subventions, malgré les appels et alertes on assiste par ex à la mise en place du centrale bois/gaz à 2km des rejets de la centrale du Tricastin, encore un démonstrateur perdu….une preuve de plus du comportement édifiant de l’ADEME.
Avec 2000Md€ de dettes dont 5 de CSPE le pragmatisme devrait être de rigueur, Finalement Enedis comme EDF fragilisé par les actions ADEME deviennent une proie facile pour un Chinois en appétit en fait c'est peut être le but recherché,et là se sera ^plus la même chose.

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