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Question n°35
Economie et industrie | Les caractéristiques du projet de Fécamp
Accident du travail

La partie la plus accidentogène concernant la construction de ce parc est sans nul doute la pose en mer.

Je vous demande de me donner les chiffres exacts des accidents survenus lors des installations des parcs éoliens offshore, la nature de ces accidents, ainsi que le nombre de salariés décédés sur ces chantiers.

Je vous demande aussi de me fournir la liste des produits cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques et agents chimiques dangereux auxquels seront exposés les salariés durant toutes les phases de ce chantier.

Je vous en remercie par avance.

Cordialement


Posée par Philippe BILLARD [CONSEILLER MUNICIPAL, VILLE DE FÉCAMP], (FÉCAMP), le 19/05/2013

La réponse d'Eoliennes Offshore des Hautes Falaises, le 17/06/2013

Statistiques portant sur les accidents liés à l’installation de parcs éoliens en mer

Concernant le thème de la sécurité et de la santé, il n’existe pas de statistiques publiques disponibles sur les accidents survenus spécifiquement lors d’opérations d’installation de parcs éoliens en mer. En conséquence, pour répondre aussi précisément que possible à ces questions, le maître d’ouvrage s’est appuyé sur l’expérience de Dong Energy, ainsi que sur des données de l’organisme indépendant britannique, en charge des questions de santé et sécurité au travail (HSE) [1], pour apporter des retours d’expérience sur ce sujet.

Le rapport annuel du Groupe Dong Energy pour l’année 2012 fait état des chiffres présentés dans le graphique ci-dessous. Ces chiffres concernent l’ensemble des activités des sociétés du groupe Dong Energy (domaine plus large que celui des seules opérations d’installation de parcs éoliens en mer), et portent sur la période 2008-2012.

Sur ce graphique est représentée l’évolution du nombre d’accidents ayant entrainé un arrêt de travail d’une durée supérieure à un jour, survenus au cours d’une période de 12 mois par million d’heures travaillées. On observe une tendance à l’amélioration de la  sécurité, du fait des actions de prévention et formation engagées. La cible de réduction à l’horizon 2020 est également indiquée. Par exemple, le schéma ci-dessous montre qu’en 2008, il y a eu 7,8 accidents ayant entrainé un arrêt de travail pour un million d’heures de travail effectuées et que cette valeur a été divisée par deux en 2012 pour atteindre 3,6.

A titre de comparaison, Dong Energy indique que, pour le secteur du Bâtiment et travaux publics, cet indicateur s’élève à environ 20. En France, il s’élève, selon l’INRS, à 46,7 en 2010 [2].

Les accidents recensés sont liés à des glissades, chutes, chutes lors de travail en hauteur, incendies, électrocutions etc. Cependant les accidents les plus graves sont plus nombreux à se produire lors de travaux à terre ou lors de chargement de composants sur les bateaux.

Les statistiques présentées par l’organisme britannique indépendant en charge de la sécurité au travail (HSE) concernent une période plus longue, de 1995 à 2011 : ils portent sur l’ensemble des activités industrielles en mer, et non seulement sur les activités d’installation d’éoliennes. Ils font apparaitre une tendance de long terme de baisse du nombre d’accidents recensés lors de l’exercice d’activités industrielles en mer. Bien que ces statistiques ne portent pas spécifiquement sur les activités d’installation de parcs éoliens en mer, on peut remarquer que l’accélération de l’activité d’installation de parcs éoliens en mer à partir de 2008-2009 n’a pas eu d’influence sensible sur cette tendance générale à la baisse du nombre d’accidents recensés lors de l’exercice d’activités industrielles en mer.

Nombre d’accidents par gravité

Avril 1995 – mars 2011

Exposition des salariés à des produits dangereux

Concernant l’exposition des salariés pendant la période de construction du parc éolien et la phase d’exploitation, les principales substances chimiques dangereuses rencontrées sont essentiellement le carburant des bateaux et les huiles et lubrifiants dans divers composants, qui sont confinés dans des réservoirs ou dans les composants eux-mêmes (par exemple transformateur électrique à bain d’huile).

Les différents éléments des éoliennes, fondations et poste électrique en mer ne présentent pas de danger connu aujourd’hui pour la santé humaine. Le maître d’ouvrage se conforme aux règles obligatoires et principes de précaution définis par les conventions internationales. Les fondations sont constituées exclusivement de béton armé, ballast et  structures métalliques. L’éolienne Alstom Haliade 150 est constituée à plus de 99 % de matériaux inertes : acier, cuivre et matériaux composites pour les pales.

Les câbles sont également constitués de matériaux inertes : cuivre ou aluminium pour le conducteur, acier et matière plastique pour les protections. Le poste électrique en mer est également constitué à plus de 99% de matériaux inertes, de l’acier (structures), de l’aluminium et du cuivre pour les conducteurs.

Les seuls agents chimiques dangereux dans les éoliennes sont :

  • de l’huile minérale utilisée pour lubrifier les différentes pièces en mouvement de l’éolienne. Cette huile est semblable à l’huile utilisée dans les voitures. Cette huile est toxique si elle est bue mais n’est pas toxique par contact direct avec la peau et n’est pas volatile. Les techniciens chargés de l’installation ne seront pas en contact direct avec l’huile : l’huile est stockée dans des fûts à double paroi et insérée dans son compartiment avec des systèmes sans risque de fuite.
  • de l’éthylène glycol pour refroidir le moteur de l’éolienne. C’est le même produit chimique que celui utilisé pour refroidir les moteurs des voitures. Ce liquide de refroidissement est très toxique s’il est bu mais n’est pas toxique par contact direct avec la peau et n’est pas volatil. Les techniciens chargés de l’installation ne seront pas en contact direct avec le liquide de refroidissement car celui-ci est préinstallé en usine et stocké dans un réservoir étanche.
  • les huiles utilisées pour servir d’isolant dans des composants électriques, notamment les transformateurs. Ces huiles sont toxiques si elles sont bues mais ne sont pas toxiques par contact direct avec la peau et ne sont pas volatiles. Les techniciens chargés de l’installation ne seront pas en contact direct avec ces huiles : celles-ci sont préinstallées en usine et stockées dans un réservoir étanche à double paroi.

Préalablement à la réalisation des travaux, un plan Hygiène Sécurité Qualité Environnement du chantier sera élaboré. Il précisera pour l’ensemble des manipulations effectuées :

  • Le niveau requis de formation et de qualification du personnel QHSE du personnel aux différents postes concernés et le contenu des formations spécifiques à prévoir (travaux à risques) ;
  • Le équipements de protection : équipements de protection individuels  indispensables (tels casque, lunettes, combinaison, gants, chaussures de sécurité…) ou spécifiques (harnais, visières, gilets de sauvetage…) ;
  • L’évaluation des risques et les mesures de prévention et de protection correspondantes ;
  • Les moyens de secours, les procédures d’urgence et les moyens collectifs de secours à disposition sur le bateau (gilets et canots de sauvetage, douche de décontamination, rince-œil, treuil …).

[1] http://www.inrs.fr/accueil/produits/mediatheque/doc/publications.html?refINRS=DW%2055

[2] Les données présentées résultent du rapport 2010/2011 disponible en anglais à cette adresse : http://www.hse.gov.uk/offshore/statistics/hsr1011.pdf