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Le forum de discussion

Du 19 mars au 30 juin 2018, ce forum permet à chacun de donner son avis sur la PPE ou sur le débat public lui-même. Tous les avis sont rendus publics et ouverts aux commentaires. Ils seront pris en compte par la commission lors de la rédaction du compte rendu du débat.

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Avis n°421
Ajouté par Jean ANONYMISé (BEGLES), le 14/06/2018

J'ai pu écouter Jacques Archimbaud lundi 11 juin à Bordeaux dans le cadre d'une réunion pour le SRADDET Nouvelle Aquitaine. J'ai apprécié l'honneteté de sa démarche et son ouverture d'esprit.

Je souhaite donc apporter une contribution à ce débat. Les avis que j'ai pu lire (sous le filtre climat qui est celui qui m'interesse en priorité) me confirment la difficulté de votre tache. Comment s'y retrouver entre les négationistes du climat, les personnes sincèrement préoccupées, les illuminés de telle ou telle technique ?

Je risque d'etre marginalisé dans cette dernière catégorie, pourtant je pense que la contribution "pour une approche consommateur" que nous avons proposée avec les associations Alder et TaCa pour le SRADDET Aquitain soulève un sujet absolument central et laissé de côté (pas vu dans les quelques avis que j'ai parcourus), le rôle central du consommateur pour l'atteinte des objectifs de reduction des émissions de gaz à effet de serre. Cette contribution (5 pages annexes comprises) est synthétique, merci de prendre le temps de la lire.

http://www.taca.asso.fr/uploaded/contributionassociativesraddet18032018.pdf

Merci.

Avis n°420
Ajouté par 2631 (Suresnes), le 14/06/2018

On met "un pognon de dingue" dans l'éolien et le photovoltaïque intermittents, et on émet quand même toujours autant de gaz à effet de serre, on n'en sort pas. Les secteurs d'activité qui sont dépendants des hydrocarbures, ils restent dépendants des hydrocarbures, les émissions de CO2 elles diminuent pas, elles augmentent, le coût de l'électricité pour le consommateur et pour l'Etat il grimpe, la balance commerciale globale de l'énergie elle se dégrade ! Et qu'est-ce qui va se passer quand les cours du pétrole vont remonter fortement ? On doit avoir un truc qui permet à la France de s'en sortir.

Oui monsieur le Président, on a, mais ça n'est manifestement pas la LTECV et la PPE dans leurs formes et avec leurs contenus actuels, qui bafouillent leurs objectifs contradictoires, se trompent de cible, manquent de vision, et sont de ce fait inefficaces et anti-écologiques.

Reste à espérer que la tête de l'Etat puisse se dégager un peu de temps, d'ici à cet automne, pour examiner ce qui est en train de se jouer avec la politique énergétique de la France. Une bonne partie de notre avenir est en jeu...

Avis n°108
Ajouté par Jean Paul ANONYMISé (Maintenon), le 26/03/2018

Le développement de l'éolien terrestre nécessite de prendre en compte la dévalorisation des propriétés situées dans un rayon de 2 km autour des éoliennes. cette dépréciation devrait être estimé par une commission indépendante comprenant des juges administratifs et des professionnels de l'immobilier.
L'etude de Gibbons, Stephen (2015) Gone with the wind: valuing the visual impacts of wind turbines through house prices. Journal of Environmental Economics and Management, 72. pp. 177-196. ISSN 0095-0696 - DOI: 10.1016/j.jeem.2015.04.006 confirme confirme l'existence possible d'une dépréciation immobilière de l'ordre de quelque pourcent. Cette étude porte sur 38 000 transactions situées dans un rayon de 2 km. Elle indique que les effets résultants de fermes éoliennes de petite taille (1 à 10 turbines) se concentrent dans les deux premiers kilomètres où la réduction de prix est de 5%. (The effect of smaller wind farms with less than 1-10 turbines is, as might be expected, concentrated in the first 2 km where there is a 5% reduction in prices.) Cette étude confirme l'existence possible d'une « valorisation » comme le souligne l'étude d'impact. En effet, l'étude estime que cette valorisation est constatée dans 2% des cas lorsque les éoliennes ne sont pas visibles et pour une distance comprise entre 4 et 8 km. Le fait que cette étude repose sur une évaluation à partir d'un modèle numérique de terrain de la visibilité des éoliennes minimise la généralisation et confirme la nécessité d'une étude concrète.
La loi danoise sur la promotion des énergies renouvelables (Loi n ° 1392 du 27 décembre 2008) prévoit : « Toute personne qui, en érigeant une ou plusieurs éoliennes, cause la perte de valeur biens immobiliers, en supporteront les frais ». Une autorité d'évaluation décide de l'importance de la perte de valeur sur la base d'une évaluation individuelle des biens. Cette autorité est composée d'un président qui possède les qualifications pour être nommé juge et d'un expert en évaluation de la valeur de biens immobiliers. Les 551 premières compensations sont évaluées à 57 000 DKK, soit environ 7 600 € par maison.
Dans la pratique l'implantation d'éoliennes terrestres s'accompagne d'une opposition marquée entre les propriétaires exploitants concernés par le projet et les riverains de la future installation. Elle correspond à la présence de deux groupes : un premier groupe qui estime subir les impacts négatifs du projet, principalement l'impact sonore et/ou visuel ainsi que la dépréciation de leurs biens ; un deuxième groupe constitué des propriétaires et des exploitants concernés par le projet qui connaîtront des gains économiques jugés par le premier groupe comme « appréciables ». Cette opposition crée un sentiment d'injustice environnemental.
La réglementation actuelle favorise les éoliennes. Le rapport sur les « nuisances sanitaires des éoliennes terrestres » adopté par l'Académie nationale de médecine le 9 mai 2017 rappelle les articles R1334-32 et R1334-33 du code de Santé Publique qui fixe à 30 dB à l'extérieur des habitations le seuil à partir duquel intervient une limitation de l'émergence de 5 dB de jour ou de 3 dB la nuit à un ajout sonore. Le rapport souligne : « En d'autres termes, le seuil à partir duquel intervient une limitation de 5 dB à un ajout sonore (bruits de voisinage, etc.) dépend du type d'émetteur du bruit, les éoliennes étant « favorisées » par rapport aux autres bruits ordinaires...
Or quelques bridages supplémentaires permettraient de résoudre ce point.

Avis n°129
Ajouté par sebastien ANONYMISé (conde), le 28/03/2018

Déjà que les pays les plus dotés d’éoliennes et de panneaux solaires sont également les plus émetteurs de CO2 dans l’atmosphère, hors pollutions induites dans les mines variées qui produisent les matières premières de ces équipements… voilà que l’évolution de leur contribution à la production (en MWh – Mégawattheures) ne suit plus le rythme des installations de nouvelles éoliennes ou de nouveaux panneaux. Ainsi, en France, entre 2015 et 2017, la puissance des éoliennes a cru de 29.8% pour une évolution de la production de seulement 6,4% et pour un ratio de seulement 4,7% de la production annuelle totale d’électricité. Il en va de même des panneaux solaires. Rien que durant la dernière année, leur puissance a augmenté de 18,1% alors que la production ne grimpait que de 3,6% pour seulement 1,8% de la production annuelle totale d’électricité (8600 GWh). Sachant qu’en plus leur production est intermittente et qu’elle va même, pour l’éolien, à l’encontre des réseaux en y injectant du courant réactif (par le biais des variations de fréquence), et en y ajoutant le montant exorbitant de leur coût (5.6 Md€ en 2017), on peut légitimement se demander si, comme nos grands dirigeants d’autrefois (ceux qui avaient une vision pour la France et pour l’Europe), on ne ferait pas mieux de consacrer cet argent à installer quelques réacteurs EPR de plus (à ce rythme de dépenses, on peut en installer deux tous les trois ans). Un seul de ces réacteurs produit 12600 GWh en production qui plus est continue et gérable, et est fabriqué essentiellement en France ou en Europe, contrairement aux panneaux solaires et aux éoliennes. Il est temps que les Français reprennent la main pour éviter d’enlaidir les campagnes pour une production limitée, intermittente et, somme toute, inutile.

Avis n°419
Ajouté par Mathieu ANONYMISé (Grenoble), le 13/06/2018

Je constate avec tristesse la faible qualité des informations concernant la production d'électricité dans le débat public. Arrêtons d'opposer les énergies renouvelables et l'énergie nucléaire. Nous aurons besoin des deux pour la transition énergétique. Les centrales au charbon produisent des gaz à effet de serre et des particules fines qui tuent des gens et polluent en fonctionnement normal. Les conséquences des rares accidents nucléaires sont terribles, mais largement exagérés par des associations militantes qui manquent de rigueur scientifique. Les recherches montrent que les déchets radioactifs à haute activité peuvent être enfouis à long terme de manière responsable. Arrêter prématurément les centrales nucléaires contre l'avis de l'ASN est une aberration économique, scientifique et sociale. Écoutons les avis des experts. Prenons en comptes les limites de notre planète, des ressources qu'elle peut fournir, de la pollution qu'elle peut absorber. Pensons à la cohérence de nos décisions.

Avis n°416
Ajouté par Pierre ANONYMISé (Paris), le 13/06/2018

Vous voudrez bien trouver ci-dessous le compte rendu qu'un ami a fait de la fameuse réunion de la CNDP, le 9juin à l'hôtel de Lassay. C'est le point de vue original, basé sur des faits. Il mérite d'être porté à la connaissance des citoyens qui n'ont pas eu la chance d'être tiré au sort.
Pierre Audigier

"Connaître son adversaire est bataille à moitié gagnée " Cette citation 'à peu près' de Lao Tzeu , de Clauzewicz ou autre stratège, n'est probablement vérifiée que dans le cas de forces équivalentes .... Bien que ce ne soit pas notre cas, ce principe fut l'une des motivations qui m'a fait sauter sur l'occasion d'un tirage au sort favorable d'être l'un des 400 citoyens invité à participer à la séance du 9 Juin en l'Hôtel de Lassay, organisée par les maîtres de la CNDP....
Organisation en 40 tables de 10 pékins et un 'garant de table' supposés tenir le cadre des questions dans les temps impartis de 30 minutes pour chacun des 4 chapitres du questionnaire identique à celui du site ppe.debatpublic.fr (éventuellement aussi de modérer d'éventuels échanges houleux ... qu'à l'oreille n'eurent guère lieu dans la très grande salle d'une trentaine de tables où j'étais affecté.... manifestement le tirage au sort n'avait pas favorisé les 'sachants' susceptibles d'informer fermement à contrario de la doc reçue...)

Durée bien évidemment délibérément trop courte pour les 14 sujets/questions du chapitre 'CHOISIR' .... 'vous êtres supposés avoir bien préparé les choses ... ' fut-il répondu à la remarque d'une dame très dépassée, par notre 'garante', elle-même mise en fond de court par le poids de mes services, contres et retour de volée...

A ma table : pas de parité: 6 dames et 4 messieurs. Les six dames et un homme, très mal informés, intéressés essentiellement par leurs petits environnements perso et généralisant, un seul autre homme avait eu vent de la Cour des Comptes et de quelques autres billes de bon sens, et le troisième pékin ayant quand même lu les docs fournis, mais évidemment ceux-là seulement... ne faisait que clamer qu'il 'faut penser autrement' (je lui ai souhaité que cela lui tienne chaud lors du prochain blackout ...)

Votation par gadget électronique genre Assemblée Générale de copropriété... Les Résultats en formes 'camenbert' ont été très rapidement montrés sur écrans ( je n'ai pu en relever qu'une partie, certains étant indiqués dans le sens inverse des choix du questionnaire... me manquent hélas les moulins à vent et les écailles bleues...) Il fut indiqué qu'ils nous seront 'envoyés sous peu' , et demandé de 'ne pas trop divulguer pour le moment' .... Ben voyons !! Je vous les ferai parvenir dès que complets.

En fin de séance, bulles et petits fours....Pas eu moyen d'approcher RUGY et JOUANNEAU, courtisés par masses d' enthousiastes.. Même autour d'ARCHIMBAUD (zident commission particulière G400...), je n'ai pu qu'essayer ma voix de chantier pour demander pourquoi Académie des Sciences et Cour des Comptes ne furent pas appelés au 'débat'... Il n'a bien évidemment pas entendu, et seuls quelques courtisans m'ont fusillé de '' ce n'est pas notre affaire, on est là pour enquêter/consulter/informer/convaincre .... Pas d'insultes ni de suiveurs agressifs vers les pots de jus de fruits, comme j'ai eu en d'autres circonstances .. ils sont sûrs de leur affaire ...
.
J'ai pourtant un doute, la CNDP fut officiellement lancée le 19 Mars, et cette affaire du G400 ne nous a contacté que la semaine passée... plus quelques commentaires sur le modeste nombre de réponses sur le site.

Avis n°415
Ajouté par Jean-Michel ANONYMISé (Paris), le 13/06/2018

Peut-on renforcer l'acceptabilité sanitaire et sociale des parcs éoliens terrestres ?

Les pays occidentaux se sont donnés des objectifs ambitieux en termes de diversification énergétique pour faire face 1/ à l'épuisement des ressources fossiles et 2/ au risque accru de dérèglements climatiques.

Ces deux risques ne sont pas réductibles à court ou moyen terme, mais seulement à long terme et selon des moyens qui ne sont peut-être pas encore tous au point. Si l'éolien terrestre représente une solution, celle-ci ne peut suffire à elle seule à régler le sujet. Pourtant, on assiste aujourd'hui dans notre pays à une prolifération anarchique d'éoliennes et les circonstances de fait ou de droit de ce phénomène ont un impact fort sur son acceptabilité sociale.

On recherchera donc les conclusions à en tirer par un examen systématique des améliorations à attendre en matière de :
- Nuisances visuelles et sonores,
- D'impacts immobiliers et financiers
- Et de processus décisionnel des Projets d'implantation,
car ces aspects sont dans la réalité très étroitement corrélés.

1/ les impacts sanitaires des éoliennes terrestres sur la population riveraine :

Ces impacts ont notamment été détaillés dans deux rapports nuancés et circonstanciés de l'Académie de médecine, le dernier datant de Mai 2017 et concluant à l'existence d'un « syndrome des éoliennes ».

Les principaux Constats et Recommandations de ce dernier rapport sont repris dans l'Annexe jointe.

Je souhaiterais savoir quelles suites il est prévu de donner (ou de ne pas donner) aux recommandations de ce rapport, et notamment :

- A la recommandation de lier la distance réglementaire à la hauteur de l'éolienne « en bout de pale » (cf Annexe, § 3.3) ;
- A la suggestion de revenir à la norme acoustique antérieure, de préférence à la norme dérogatoire actuellement applicable (cf Annexe, § 3.2) ;
- A la systématisation des contrôles de conformité acoustique par un organisme indépendant, à la publication des résultats et à la possibilité de mettre à l'arrêt la ou les éoliennes dont la présence aboutit au dépassement des seuils autorisés (cf Annexe, § 3.1) ;
- A la mise en œuvre d'une étude épidémiologique prospective (cf Annexe, §3.4).

Par ailleurs, sur chacun de ces points, je souhaiterais savoir ce qui se pratique à l'étranger, et au moins, dans chacun des pays limitrophes de l'Hexagone.

2/ les impacts immobiliers et financiers sur les riverains :

2.1 / L'implantation d'éoliennes entraîne pour les habitations riveraines, dès le stade du Projet, un dommage patrimonial pour perte de valeur voire illiquidité du bien.

L'«impact sur la valeur vénale immobilière» a déjà été constaté par des décisions de justice.

Prenons l'exemple d'une maison située à proximité immédiate (1000 m environ) d'un (ou plusieurs) Parc d'éoliennes :
1) Dans le meilleur des cas, ce bien subirait une moins-value d'au moins 20% par rapport à la valeur qu'aurait ce bien sans l'existence de ce projet. Ainsi en a jugé la Cour d'Appel de Rennes, le 20 septembre 2007 (voir RG : 06/02355). Le juge d'Appel a confirmé la réduction du prix de 30000 euros accordée à l'acheteur par le premier juge sur un bien acquis à 145000 euros, proche d'éoliennes.
2) Dans le pire des cas, la vente pourrait simplement être annulée (voir l'arrêt de la Cour de Cassation du 29 juin 2017, 16-19337) au motif que l'acheteur « même à supposer qu'il ait été avisé du projet d'installation d'éoliennes, ne pouvait, antérieurement à leur construction anticiper l'existence de ce bruit continu, y compris à l'intérieur de l'habitation, alors que les éoliennes sont installées au-delà d'une distance de 1km de son bien ».

Le dommage patrimonial se manifestera, postérieurement à la mise en service du Parc, par un allongement du délai de revente exerçant une nouvelle pression à la baisse du prix (et ... retardant l'objectivation de la décote de valeur due aux éoliennes). Par ailleurs, dans les zones touristiques, cet effet sera encore accru par la perte d'attractivité des offres d'hébergement en site calme (type gite rural).

Or, il n'existe, actuellement, aucun engagement écrit de compensation financière en faveur des propriétaires en raison de la perte de valeur de leur habitation ayant vue sur les éoliennes, ni aucune prise en compte de la proximité immédiate des éoliennes dans la valeur locative ou cadastrale prise comme référence pour les impôts locaux.

2.2/ Les aspects purement financiers se caractérisent, de leur côté, par :
- Des ressources financières d'appoint pour le Syndicat de communes et la commune d'implantation ;
- Un effet d'aubaine pour les quelques propriétaires de parcelles bénéficiaires de baux emphytéotiques tant du moins qu'on sera en phase d'exploitation et pour autant que les structures porteuses du Projet provisionnent dans leurs comptes, année après année, le démantèlement partiel (partie visible des éoliennes à l'exception de sa base béton) ;
- En dépit d'un rendement 'physique' obéré par d'une part, l'inégale vitesse des vents (pas d'exploitation en dessous d'un seuil minimum de 2 m/s, ni au-delà de 5 ou 6 m/s en raison des éventuels bridages liés à la protection de l'avifaune et à l'atténuation nécessaire des nuisances sonores perceptibles dans les habitations situées à proximité),et, d'autre part, par une intermittence généralement forte (25% du temps),
le rendement financier net est préservé, pour le promoteur et l'exploitant (pour ce dernier, du moins tant que le tarif de rachat de l'électricité demeure garanti).

Nb : certains coûts « annexes » (p ex raccordement au Réseau électrique, nécessité de relayer la production électrique intermittente par des moyens adéquats...) ne sont aucunement pris en compte, ni même évalués, au stade de l'étude de Projet éolien.

L'examen des impacts immobiliers et financiers montre donc qu'il existe en réalité, du fait d'une réglementation particulièrement favorable, d'un côté des gagnants (promoteurs et exploitants), de l'autre des perdants (les riverains qui subissent aussi les nuisances évoquées au §1). Il n'est en revanche tiré aucune conséquence à l'heure actuelle à ce déséquilibre et aucun vrai bilan économique global pour la-les Collectivité(s) n'est effectué lors de l'étude des Projets (de plus, on ne peut présumer un bilan financier favorable pour les Collectivités notamment si ces dernières devaient assumer in fine le coût du démantèlement par suite de la défaillance de l'exploitant).

La question principale qui se pose à ce stade est donc : est-il prévu de tirer enfin les conséquences financières des préjudices immobiliers pour les riverains à proximité d'éoliennes (réduction de l'assiette des valeurs locative et dédommagement en capital) ?

Subsidiairement, dans l'analyse des bilans financiers des Projets, l'aspect destructeur de valeur et les coûts induits sont-ils évalués ?

3/ le processus décisionnel d'implantation :

L'étude aboutit à la réalisation en trois grandes phases :

1/ le Projet est suggéré par le Promoteur/Exploitant et approuvé par le Conseil municipal (pas de difficulté en revanche à trouver des propriétaires pour consentir les baux emphytéotiques) ; dans cette phase préalable, l'information du public n'est pas adéquate ;

2/ des études d'impact et environnementales sont réalisées ainsi que des relevés de vents à partir d'un mât unique et des simulations acoustiques sont effectuées sur base de relevés 'globaux' du bruit ambiant aux « divers points sensibles », c à d les zones d'habitations riveraines.

On note à ce sujet que :
- Les simulations acoustiques sont entièrement théoriques et ne permettent pas d'appréhension de l'impact sonore de chaque éolienne sur les zones sensibles de proximité ;
- Elles reposent non sur des observations sur sites existants analogues, mais sur les indications non vérifiées communiquées par les Constructeurs d'éoliennes.

3/ le Projet entre ensuite en phase de décision, après enquête publique consultative, l'avis et les contre-propositions des habitants pouvant être pris en considération à ce stade, étant précisé que les conclusions du Commissaire-Enquêteur ne lient pas le Préfet, seul décisionnaire.

Ce processus paraît améliorable à plusieurs égards :

A Absence de publicité obligatoire pour les acquéreurs d'habitation situées à proximité d'un Parc Eolien : Dès lors que la Commune est approchée, il serait souhaitable que tout éventuel futur acquéreur soit informé du Projet, du stade de l'étude et de la date prévisionnelle de mise en œuvre. Ce devrait être un élément obligatoire, une sorte de diagnostic public de l'éolien de proximité.

B absence de prise en compte des solutions alternatives : dès lors qu'un Projet est présenté, il est susceptible d'être mené à son terme sans que l'opportunité d'autres possibilités ne soit étudiée (p ex autres possibilités de parcs éoliens en zone entièrement rurale, et, quand il y a un intérêt à protéger certains sites fréquentés ou classés, absence totale de recherche des projets alternatifs possibles, type biomasse, photovoltaïque ou petit hydraulique, voire petits bassins de retenue aval et amont...).

C Absence de prise en compte du bilan économique d'ensemble et des nuisances induites :

Aucun bilan économique ne semble entrepris au moment de l'enquête publique pour intégrer les coûts de raccordement et les coûts annexes au réseau public d'électricité ni a fortiori les évaluations de pertes de valeur dues aux nuisances pour les riverains proches.

D Traitement des oppositions : Les Propriétaires riverains lésés n'ont quasiment aucune chance de se faire entendre face aux Exploitants, à la volonté des élus locaux, obnubilés par les retombées fiscales, et à celle du Préfet, qui a des consignes fortes. Or, les riverains de proximité (dont les habitations sont à moins de 1500 m d'une éolienne ou de dix fois la hauteur de l'éolienne en bout de pale) devraient pouvoir faire opposition à ces éoliennes.

E Insuffisance des mesures de contrôle acoustique et de leur publicité, d'autant plus importante que la norme actuelle autorise un bruit plus élevé du fait des éoliennes :

A la mise en œuvre, les essais propres à chaque zone de proximité devraient être faits en prévoyant, à côté du fonctionnement de l'ensemble du Parc, de tester l'arrêt de certaines éoliennes de façon à déterminer la sensibilité particulière de chaque zone de proximité à ces éoliennes (et, consécutivement, pouvoir entraîner un bridage partiel ou total des éoliennes critiques).

Le respect des normes acoustiques devrait également être contrôlable à la demande des riverains de proximité, au moins une fois par an, et les résultats devraient être rendus publics.

De semblables mesures sont-elles à l'étude pour remédier à un processus qui nuit gravement à l'acceptabilité sociale des Projets d'implantation de Parcs d'éoliennes ?

ANNEXE

EXTRAITS du rapport de l'Académie nationale de médecine « Nuisances sanitaires des éoliennes terrestres » 2017

(ci-après en italique – les soulignements ou surlignages sont de notre fait)

1/ action directe du bruit sur le sommeil

1.1 « toutes les données de la littérature concordent pour souligner l'effet très négatif du bruit sur le sommeil ; De fait, les troubles du sommeil représentent sans doute la doléance la plus constante des riverains. Ils sont d'ailleurs objectivés par les enregistrements somnographiques effectués par des cliniques du sommeil. Ces études concluent qu'à l'intérieur d'un périmètre de 1,5 km le bruit émis par les éoliennes perturberait la qualité du sommeil. »

1.2 En ce qui concerne l'habitation (hors éoliennes), le code de la Santé publique fixe le seuil à 35 dB à l'extérieur des habitations et à 25 dB à l'intérieur.

En revanche, en ce qui concerne le bruit des éoliennes, ces seuils sont fixés à des valeurs supérieures... « le seuil à partir duquel intervient une limitation de 5 dB* à un ajout sonore (bruits de voisinage, etc...) dépend du type d'émetteur du bruit, les éoliennes étant « favorisées » par rapport aux autres bruits ordinaires... »

• Le jour, vs 3 dB la nuit.

1.3 Le rapport ajoute par ailleurs l'inconvénient suivant, non corrélé à l'intensité du bruit, à savoir que « le bruit éolien se caractérise, dans ses manifestations gênantes par son caractère intermittent, aléatoire, envahissant du bruit généré par la rotation des pales, survenant lorsque le vent se lève, variant avec son intensité, interdisant toute habituation... ».

« Notons toutefois que les mesures (bridages constructeur obtenus par ajouts aérodynamiques ou en modification de l'orientation des pales...) n'agiraient pas sur le caractère irrégulier, aléatoire, du bruit généré même atténué. »

2/ les impacts visuels :
... (après avoir éliminé comme négligeables certains facteurs comme l'effet stroboscopique ou le rythme de clignotement) :
En revanche, la défiguration du paysage par des structures considérées comme inesthétiques voire franchement laides par les riverains plaignants doit être considéré́ comme relevant non d'un problème d'esthétique environnementale (le temps influera probablement sur nos critères de beauté́ architecturale) mais d'une réelle nuisance sanitaire. En effet, la « pollution visuelle » de l'environnement qu'occasionnent les fermes éoliennes avec pour corollaire la dépréciation immobilière des habitations proches génère des sentiments de contrariété́, d'irritation, de stress, de révolte avec toutes les conséquences psychosomatiques qui en résultent [32]. Et les impressionnantes perspectives de développement de l'éolien terrestre (l'installation d'environ 500 nouvelles éoliennes dont la hauteur devrait atteindre 200 mètres ou plus est prévue pour les 5 ans à venir !) ne pourront qu'amplifier des sentiments en voie d'être partagés par une proportion croissante de la population française.
Curieusement, cette nuisance visuelle ne semble pas ou très peu être prise en considération par les décisionnaires politiques ou les promoteurs et industriels concernés (étant posé qu'aucun d'entre eux n'installerait ou n'acquerrait une propriété́ à proximité́ d'un parc éolien !).

3/ les Conclusions et Recommandations de l'Académie de Médecine :

En résumé́, les nuisances sanitaires semblent avant tout d'ordre visuel (défiguration du paysage et ses conséquences psychosomatiques) et à un moindre degré́ sonore (caractère intermittent et aléatoire du bruit génèré par les éoliennes d'anciennes générations). Au plan médical, le syndrome des éoliennes réalise une entité́ complexe et subjective dans l'expression clinique de laquelle interviennent plusieurs facteurs. Certains relèvent de l'éolienne, d'autres des plaignants, d'autres encore du contexte social, financier, politique, communicationnel.
Recommandations :

3.1 « systématiser les contrôles de conformité acoustique dont la périodicité doit être précisée dans tous les arrêtés d'autorisation et non au cas par cas »

3.2 « revenir pour ce qui concerne leur bruit (et tout en laissant les éoliennes sous le régime des Installations Classées pour la Protection de l'Environnement) au décret du 31 août 2006 relatif à la lutte contre les bruits du voisinage (relevant du code de la Santé publique et non de celui de l'Environnement), ramenant le seuil de déclenchement des mesures d'émergence à 30 dB A à l'extérieur des habitations et à 25 à l'intérieur » ;

3.3 « La nuisance visuelle ... étant en partie liée à la taille, il apparait logique de lier leur point d'implantation à leur hauteur, au travers d'études d'impact visuel appropriées et donc de déterminer la distance minimale d'implantation à la première habitation en fonction de la hauteur des nouvelles éoliennes afin de ne pas majorer leur impact visuel et ses conséquences psychiques et somatiques ».

3.4 « entreprendre, comme recommandé dans le précédent rapport (2006), une étude épidémiologique prospective sur les nuisances sanitaires ».

Avis n°414
Ajouté par Beatrice ANONYMISé (combs la ville), le 13/06/2018

Madame ou Monsieur ,
J'ai répondu au questionnaire du débat sur la PPE et il ne permet pas de donner une explication à certaines réponses, ce que je souhaite faire en m'adressant à vous.
- Sur les objectifs de la loi de transition énergétique, je pense que la France est en retard parce que le tout nucléaire a monopolisé la majorité des investissements au détriment de la recherche sur toutes les énergies renouvelables.
- Sur la réglementation des bâtiments, je ne pense pas qu'elle doive favoriser un type de chauffage. Il faut étudier ce qui est le plus pertinent localement en multipliant les différentes offres d'énergies renouvelables.
- Sur les efforts à engager pour les différentes énergies renouvelables, il faut ralentir le développement des éoliennes sur terre et en mer. Ces éoliennes ne sont pas sans poser de gros problèmes écologiques par leur impact sur l'environnement. Il ne faut pas répéter la même erreur qu'avec le nucléaire, c'est à dire se focaliser sur une énergie et négliger les autres.
Toutes les autres énergies renouvelables doivent être développées.
- Quant à l'accélération de la concurrence, je ne vois pas d'effet positif sur la transition énergétique ou la qualité du service. En effet ceux qui remportent les marchés (des entreprises étrangères en général) sont les moins disant au mépris de la protection de l'environnement, de la faune et de la flore qui sont traités à minima. Au niveau des prix, l'électricité a subi d'énormes augmentations ces dernières années, donc je ne vois pas non plus d'effet positif.
- Sur l'information des citoyens, elle me semble insuffisante pour l'importance des enjeux. Pas de battage médiatique, il faut être sensibilisé pour trouver les infos.

Avis n°412
Ajouté par Donald ANONYMISé (BAILLEUL), le 13/06/2018

L'électricité française est non carbonée à 95% actuellement, grâce à l'énergie nucléaire. Réduire la part du nucléaire pour le remplacer par de l'éolien et du solaire n'a donc aucun intérêt pour le problème des GES. De plus ce sont des énergies variables et intermittentes donc nécessitant un support de production fiable et permanente, du charbon comme en Allemagne, du gaz comme en Espagne. Et l'on connait le résultat en termes de rejet de CO2. Egalement ces appareils n'apportent que peu d'emploi en France, les éoliennes sont fabriquées en Allemagne et les panneaux solaires en Asie. Enfin, leur coût est prohibitif par rapport au nucléaire existant, vu le montant des subventions que les Français doivent payer, 5 milliards € en 2018...

Avis n°411
Ajouté par causse ANONYMISé (grenoble), le 13/06/2018

Lors des périodes de grand froid, la consommation électrique est élevée et la production renouvelable est quasiment nulle (plus de solaire passé 17h et pas de vent). Exemple le 16/11/2017 sur https://www.rte-france.com/fr/eco2mix/eco2mix-mix-energetique. Comment peut-on assurer la sécurité d'approvisionnement avec 50% de renouvelable.

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